Crédit Suisse, rien ne va plus ?

L’action Credit Suisse est vouée aux gémonies boursières. Elle ne cesse d’atteindre des plus bas historiques. Pourtant, à moins de 10 milliards de francs de capitalisation boursière, la seconde banque universelle suisse, de renommée internationale, semble devenir une affaire au prix actuel.

Tant pour un concurrent que pour une entreprise technologique qui souhaiterait se diversifier par le biais des opérations de crédit et de paiement. Ce serait aussi l’occasion de s’installer pieds joints dans la très convoitée place financière suisse.

Seulement voilà, si l’action du géant helvétique se négocie au prix d’une bouchée de pain, elle n’est peut-être que l’arbre qui cache la forêt. A savoir un modèle bancaire qui est sans cesse exposé à des risques démesurés. Sur l’autel de la recherche de nouveaux profits. Non pas pour prospérer mais en lutte incessante contre l’érosion des marges qui affecte toute l’industrie bancaire, depuis la crise financière de 2007 – 2008.

Depuis le début de l’année, le titre s’est ainsi déprécié de près de moitié

Reuters a indiqué que les difficultés récurrentes de Credit Suisse l’ont amené à entreprendre une vaste réorganisation et qu’elle était en discussions depuis plusieurs semaines avec de gros investisseurs en vue d’une augmentation de capital à hauteur de plusieurs milliards.

Sollicitée par AWP, la direction de la banque a rappelé qu’un point de situation sur l’orientation stratégique serait présenté avec les chiffres du troisième trimestre, le 27 octobre. Kian Abouhossein de JP Morgan, confiant, a rappelé qu’à la fin du 2ème trimestre la banque affichait un niveau suffisant de fonds propres et de liquidités.

 

Dilution significative en vue

En juillet, le nouveau directeur général (CEO) du groupe, Ulrich Körner, avait expliqué que la banque était à la recherche d’une solution pour ses activités de crédits titrisés (Securitized Products Group), dont le volume pourrait atteindre 2,5 milliards de dollars, selon des estimations relayées par Christian Schmidiger, analyste auprès de la Banque cantonale de Zurich (ZKB).

Une éventuelle vente de SPG et la réduction des risques dans le bilan se traduiraient par un manque de quelques quatre milliards de francs pour la restructuration annoncée, les projets de croissance et la constitution de fonds propres. Ce qui, avec une capitalisation boursière de moins de dix milliards, signifierait une dilution significative pour les actionnaires existants.

De son côté, le Financial Times (FT) a indiqué que la banque envisageait de partager sa division de banque d’affaires en trois unités distinctes, une opération permettant la vente des activités rentables justement dans l’optique d’éviter une augmentation de capital.

Les scénarios évoqués semblent être pris en compte dans le cours actuel de l’action.

La lente baisse des marchés actions et obligataires se confirme comme le scénario le plus probable sur les prochains mois au moins, même s’il faut s’attendre à de très forte et abruptes variations dans un sens comme dans l’autre pendant cette période en fonction de l’actualité. L’approche la plus raisonnable me semble être de se concentrer sur un certain nombre de valeurs-clés, avec un maximum de liquidités disponibles, et de se résigner au grignotage de l’inflation qui continue à se diffuser dans le système économique.

Christophe Alexandre, analyste financier CFA, vice-président chez Meylan Finance Sàrl

Ce sont actuellement les fournisseurs d’énergie qui sont le plus sous pression (voir Axpo) s’ils ont mal couvert le risque de marché.

Leurs clients commencent à en sentir les effets : hausse de 1600% à St-Prex, dans le canton de Vaud, cette scierie dont les charges d’énergie représentaient 5% du total va les voir augmenter à 15-20% …

C’est ainsi que l’inflation va se diffuser progressivement, mais rapidement, dans tout le système économique, de fournisseur à client, jusqu’à atteindre le consommateur final. (1)

  1. « Comité d’investissement Meylan Finance Sàrl du 9 septembre 2022 »

La question qui sera sur toutes les lèvres au mois de janvier prochain est la suivante : Connaissez-vous la nouvelle loi sur les successions applicable au 1er janvier 2023 en Suisse ? La révision vise à adapter les règles sur les héritages vieilles de plus de 100 ans aux structures familiales actuelles.

Marie Lambert

Conseil fiscal et successoral
+41 78 226 10 34 marie.lambert@gestionpatrimoine.ch

Questions clefs à vous poser

  • Connaissez-vous la répartition de votre patrimoine en cas de décès ?

  • Avez-vous rédigé un testament ?

  • Votre conjoint est-il suffisamment protégé en cas de décès ?

  • Comment transmettre ses biens dans une famille recomposée ?

  • Possédez-vous des biens à l’étranger ? Comment seront-ils traités fiscalement ?

Toutes ces questions trouveront des réponses grâce à une analyse de votre situation familiale et les possibilités nouvelles qu’offre cette loi sur les successions à partir du 1er janvier 2023.

Les principaux changements

La réserve héréditaire des enfants est diminuée : la part qui leur est attribuée au minimum dans votre succession diminue, ce qui vous permet de distribuer plus à qui vous le souhaitez (conjoint, non-parent, associations…)

Suppression de la réserve des parents (père et mère) : vous allez pouvoir décider du maintien ou non de vos parents dans votre succession.

Profitez de cette liberté pour réfléchir à la répartition de votre succession

Si vous avez déjà rédigé un testament, il est recommandé de le faire relire par un juriste pour comprendre les nouvelles possibilités offertes par la loi.

Les mesures que vous avez prises sont- elles rédigées clairement au regard de la nouvelle loi ?
Souhaitez-vous avantager un héritier grâce à cette nouvelle loi ?

Le conjoint survivant peut-il être mieux protégé au regard de cette nouvelle loi ?

Vous pouvez, dès aujourd’hui, remplacer votre testament actuel par un nouveau testament qui tient aussi bien compte du droit successoral encore en vigueur que du nouveau.

Exemple concernant la modification des réserves des descendants

L’exemple concerne une famille avec trois enfants :

Sans testament, la répartition légale ne change pas avec la nouvelle loi.

Avant la réforme 2023, avec des dispositions testamentaires vous pouviez attribuer 37,5% de votre patrimoine à qui vous le souhaitez.

A partir de janvier 2023, avec des dispositions testamentaires, vous pouvez attribuer 50 % de votre patrimoine à qui vous le souhaitez.

Perspectives marchés 4ème trimestre

Evolution des indices boursiers 2022 :

  • SMI  -20.3%
  • Eurostoxx50 -22.8%
  • S&P500 -23.1%
  • Nasdaq100 -30.9%

Les performances obligataires CHF, USD et EUR sont également négatives, principalement dû aux banquiers centraux qui ont massivement augmenté leurs taux afin de lutter contre l’inflation.

Evolution des devises contre CHF :

  • EUR -7.2%
  • USD +7.8%
  • GBP -11.2%
  • JPY – 16.5%

Comme le dernier trimestre, le 4ème trimestre sera principalement influencé par l’inflation. Les répercussions de la guerre en Ukraine ainsi que la stratégie zéro covid de la Chine seront également des facteurs omniprésents.

Les banquiers centraux (BNS comprise) ont clairement annoncé que la lutte contrel’inflation était leurs priorités, ce qui implique que les taux sont toujours orientés à la hausse. De ce fait, les perspectives des marchés obligataires restent sombres. Difficile de prévoir les mouvements FOREX mais personnellement l’adage «trend is your friend » reste de circonstance pour la fin 2022. La crise énergétique ainsi que le niveau élevé de l’endettement des pays de l’UE continueront a pesé sur l’euro.

Les marchés actions sont toujours volatiles et restent sous l’influence des politiques et des banquiers centraux. Quand des chiffres économiques sont forts on craint des hausses de taux et les marchés actions baissent ; et quand les indicateurs économiques sont plus faibles qu’attendu on craint une récession. Des hausses subites de volatilité amenant de puissants et rapides mouvements baissiers. Cela va perdurer un temps. Toutefois, je considère que les marchés actions offrent les meilleurs rapports risque/rendement à moyen/long terme.

Sur le marché suisse, les défensives Nestlé, Novartis, Roche, Swiss Re et Swiss life demeurent des piliers solides. Pour les plus audacieux, on privilégiera Sika, Sulzer et Helvetia.

En Europe, j’apprécie également les pétrolières (Shell, BP et ENI), les telecoms pour leur aspect value et leur haut dividendes (Orange, Telefonica), L’Oreal, Kering et SAP. Je me méfie des Utilities qui risquent de se voir « exploiter » politiquement.

Etats-Unis, mon intérêt se porte sur Abbvie, Fedex, Pepsico et sur faiblesse les big caps du Nasdaq (Microsoft, Cisco, Apple et Google).

Sur l’Asie j’ouvrirai une position sur l’ishares MSCI Asia Ex-japan (AAXJ).

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