Mardi 28 juin dernier, votre serviteur a été élu au Comité du Groupement Suisse des Conseils en Gestion Indépendants (GSCGI) par l’Assemblée générale qui s’est tenue à Genève.

Le GSCGI est un groupe d’intérêts économiques formé par des intermédiaires financiers indépendants spécialistes en conseils financiers qui sont des professionnels confirmés, mais cependant ouverts aux contacts avec toute personne s’intéressant à l’activité de gestion de patrimoine s’efforçant de promouvoir le dialogue avec les partenaires bancaires ainsi que les autorités à tous les niveaux. Cette organisation a été fondée le 30 janvier 2007. Elle comprend une centaine de membres.

Rapidement, le GSCGI s’est illustré pour la qualité de sa veille juridique ; pour sa participation à quelques débats parlementaires et pour son sérieux dans le suivi du Règlement d’éthique professionnel (REP). Il s’agit d’une activité bénévole. 

Meylan Finance Sàrl est membre depuis 2014 et se réjouit par le biais de François Meylan de participer aux travaux de son Comité (une demie douzaine de personnes), dans la constellation de sa mutation en prestataire de services et de formations. La Société se trouve ainsi aux avants postes d’un secteur professionnel qui se perfectionne et qui évolue plus que jamais. Suite à l’introduction des lois fédérales sur les Services financiers et sur les Etablissements financiers LSFIN / LEFIN. Qui doit faire face à des conditions de marché toujours plus exigeantes.

Depuis le 1er janvier 2020, les gestionnaires de fortune et les trustees doivent disposer d’une autorisation de l’Autorité fédérale de surveillance des marchés financiers (FINMA) et se soumettre à la surveillance d’un Organisme de surveillance (OS). Les gestionnaires de fortune et les trustees déjà actifs bénéficient d’un délai transitoire jusqu’au 31 décembre 2022 au plus tard pour transmettre à la FINMA une demande d’autorisation.

C’est dans le cadre de cette procédure que Monsieur Raymond Paquier, jeune retraité, fort d’une cinquantaine  d’années d’expériences en clientèle, dans le domaine bancaire et financier, dont trois chez Meylan Finance Sàrl, rejoint notre Direction comme second dirigeant qualifié – activité à temps partiel – et responsable de la fonction Compliance – selon l’art. 26 al. 4 OEFin – en charge de la lutte contre le blanchiment d’argent et contre le financement du terrorisme.

En partie de la gestion des risques de portefeuilles, avec notre collègue Christophe Alexandre, analyste CFA.

Nous lui souhaitons plein succès dans ses nouvelles responsabilités.

L’invasion russe en Ukraine n’est pas le seul défi auquel est confrontée la Suisse, selon la ministre saint-galloise Karin Keller-Sutter: «Nous vivons une époque où les crises ne se succèdent pas, elles se superposent.» La pandémie de Covid-19 pourrait en effet faire un retour marqué cet automne en Suisse. En parallèle, une crise énergétique se profile.

À cela, il faut ajouter des chaînes d’approvisionnement interrompues qui créent des pénuries de biens importants et l’inflation. «La situation économique mondiale n’a jamais été si fragile depuis longtemps», constate la conseillère fédérale qui se demande combien de temps durera la solidarité avec les réfugiés s’il y a une récession dans l’Union européenne. (1)

La guerre et la pandémie ont porté un double coup à l’économie mondiale. Le conflit en Ukraine et les confinements en Chine ont mis un frein à la croissance et provoqué une envolée des prix partout dans le monde. Tout, ou presque, dépend maintenant du sort de l’économie et de l’inflation aux Etats-Unis. L’année avait pourtant bien commencé. L’économie mondiale sortait de la pandémie et connaissait une forte croissance. Les consommateurs occidentaux dépensaient à nouveau. L’emploi progressait. Les bénéfices – et les marges – des entreprises atteignaient des sommets, malgré une inflation élevée. Or, après ce début encourageant, deux événements sont venus perturber le couple croissance/inflation qui prévalait.

Le premier a été l’invasion de l’Ukraine par la Russie, qui a modifié à jamais certaines dynamiques au niveau de l’économie mondiale. Principalement du fait de l’impact de la hausse des prix des matières premières sur la consommation. Le conflit armé ne s’est pas envenimé et se concentre désormais essentiellement dans l’Ukraine orientale, mais ses conséquences vont bien au-delà du coût humain et du ralentissement de la croissance économique. Le soutien occidental à l’Ukraine sous forme de livraisons d’armes, de renseignements et de fonds a été considérable. Nous anticipons de nouvelles perturbations de l’approvisionnement énergétique, les sanctions européennes étant vouées à s’étendre aux exportations de pétrole russe (dans le cadre d’une suppression désormais inévitable de la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie) et les mesures de rétorsion de la part de Moscou promettant d’ajouter aux difficultés. Privée de l’accès aux importations nécessaires au raffinage et au traitement du pétrole, la Russie peinera à maintenir sa production. Seule une chute de la demande ou une augmentation de l’offre d’autres producteurs permettraient de compenser la perte du pétrole russe. Partant, nous prévoyons que le prix annuel moyen du pétrole se maintiendra au-dessus de USD 120 le baril jusqu’à la fin de l’année, un chiffre supérieur aux estimations du consensus et qui constitue un important frein sur le plan économique.

Le deuxième événement implique la Chine, où la stricte politique « zéro-Covid » vient ébranler une économie, qui n’avait du reste pas encore renoué avec les taux de croissance prépandémiques. Le nombre de cas diminue désormais au niveau national et l’activité reprend à pas de loup. Cela étant, un redémarrage complet de l’activité est possible que si la pandémie reste sous contrôle – ce qui n’est pas une mince affaire. Un nouvel assouplissement des mesures sanitaires devra probablement attendre la fin du 20e Congrès national du Parti communiste chinois en automne. Dans l’intervalle, la préférence des autorités pour un assouplissement budgétaire et monétaire progressif ne devrait qu’en partie compenser l’impact sur la croissance. Nous anticipons une contraction au deuxième trimestre et une croissance bien inférieure à l’objectif officiel chinois de 5,5% cette année, aux alentours de 4%. Les difficultés rencontrées par le premier exportateur mondial de marchandises et les retards qui affectent le plus grand port du monde entravent les voies de transport et les réseaux logistiques mondiaux. Nous tablons sur une certaine amélioration à mesure de la réouverture progressive de Shanghai. Cependant, les chaînes d’approvisionnement et l’activité tarderont à renouer avec les niveaux d’avant Omicron. Pour l’heure toutefois, nous conservons nos perspectives prudentes. (2)

Fin de semestre éprouvante

Les investisseurs estiment que les banques centrales resteront contraintes d’agir en raison des niveaux d’inflation n’ayant toujours pas marqué leur pic, et de la résistance de l’activité économique. Les tensions se sont poursuivies sur le marché des dettes d’entreprise, les émetteurs les plus endettés étant les plus impactés L’attitude des banques centrales reste la clé d’interprétation dans un environnement où le moral des investisseurs est mis à l’épreuve Les craintes de récession ont alimenté le repli des taux souverains et des indices actions. (…) Compte tenu des contraintes du côté de l’offre (énergie, puces…), tous les regards sont portés sur les composantes de la demande. (…) L’attitude des banques centrales reste donc la clé d’interprétation dans un environnement où le moral des investisseurs est mis à l’épreuve. Dans ce contexte, nous conservons un positionnement prudent sur les actions. Des rebonds techniques sont néanmoins possibles suite au dégonflement des valorisations (le S&P 500 est revenu sur sa médiane à 10 ans). (3)

Un semestre de purge…

Le bilan du 1er semestre est plutôt déprimant : – 29,5% pour le Nasdaq par exemple, un record à la baisse depuis 20 ans. L’Europe a mieux résisté, mais les portefeuilles portent les stigmates du choc inflationniste et monétaire. La prudence reste de mise alors que se profilent dans deux semaines les premières séries de publications de résultats trimestriels, qui permettront de comparer les objectifs fixés il y a quelques semaines avec la réalité économiquement du moment. Encore beaucoup d’incertitudes donc, en ouverture du second semestre, mais des opportunités aussi sur de belles entreprises dont les valorisations sont mécaniquement redevenues abordables. (4)

 Nous payons la note à la fois de la pandémie et de la guerre en Ukraine

La contre-performance de ce premier semestre 2022 n’est pas sans rappeler les pires des crises 2000-2002 ; 2008-2010 ; 2018 et 2020. Le conflit en Ukraine qui est le résultat d’un pourrissement durant une décennie d’une situation géostratégique est une goutte de trop… Celle qui a fait vraiment déborder le vase à tous points de vue est celle des « sanctions » prises à l’emporte pièces, sous le coup de l’émotion et de manière totalement discriminatoire par le camp occidental. Nous ne sommes qu’au début du règlement de l’ardoise. Espérons que les marchés financiers, comme c’est le cas le plus souvent, aient  anticipé tant les prochaines remontées de taux d’intérêts de juillet que les pénuries d’énergie attendues pour l’automne. On pourrait alors considérer le scénario d’une revalorisation des actifs financiers. Alors que se réunissent à Lugano (TI) la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen et quelques faiseurs d’opinions pour évoquer une reconstruction de l’Ukraine pour 750 milliards de dollars, il est utile de parcours le rapport de la Cour des comptes européenne de l’an dernier d’une huitantaine de pages qui décrit et déplore le tragique haut niveau de corruption de tout l’appareil d’Etat ukrainien https://www.eca.europa.eu/Lists/ECADocuments/SR21_23/SR_fight-against-grand-corruption-in-Ukraine_FR.pdf

A bon entendeur.

Synthèse de Meylan Finance Sàrl :

Nous nous attendons, en juillet, à une hausse des taux d’intérêts dans la Zone euro de +0.5% et une nouvelle de +0.75% aux Etats-Unis. Néanmoins, nous sommes d’avis qu’après six mois de marchés boursiers baissiers, la lutte actuelle et sans précédent contre l’inflation se trouve déjà dans les cours boursiers. Nous gardons le cap d’un biais prudent. Nous ne renouvèlerons pas les échéances. Nous nous gardons de tout nouvel investissement – hors achats opportuns -tant que le conflit ukrainien qui génère une très forte inflation indue par le coût de l’énergie ne marquera pas un cessez le feu négocié et durable.

  1. « Les crises ne se succèdent pas, elles se superposent », lematin.ch, 03.07.2022
  2. « Ralentissement ou arrêt complet ? Des perspectives prudentes pour l’économie mondiale », Samy Chaar, Chef économiste, Lombard Odier, 15.06.2022
  3. « Flash marchés : Fin de semestre éprouvante », Edmond de Rothschild, 01.07.2022
  4. « Le point hebdo de l’investisseur », zonebourse, 01.07.2022

*Changement d’ère

L’inflation est désormais bien présente, avec une hausse annuelle de 8.1% des prix à la consommation dans la zone Euro annoncée en mai dernier, largement menée par la hausse du prix de l’énergie.

*Christophe Alexandre, analyste financier CFA, vice-président chez Meylan Finance Sàrl

Très concrètement, cela signifie que les épargnants sont taxés sur leurs économies : tout se passe comme si, pour 100’000€ épargnés, l’équivalent de 8’100€ leur était prélevé, sans toutefois que ce soit perceptible immédiatement : en effet, au moment où ils convertiront leur épargne en consommant des biens ou des services, ils en obtiendront moins que ce qu’ils en auraient obtenu avant que l’inflation ne se manifeste.

Une hausse globale des taux, notamment ceux rémunérant les épargnants, n’est qu’une conséquence inévitable et presque mécanique de ce phénomène.

Et cette hausse des taux a déjà commencé à se produire, impactant très négativement les obligations déjà émises, les nouvelles émissions étant plus rémunératrices.

Historiquement les périodes de hausse et de baisse de taux s’étendent sur plusieurs décennies : en 1981 on a culminé avec des taux à 16% aux Etats-Unis, qui étaient progressivement montés sur les trente années précédentes.

S’en est suivie une très longue période de baisse progressive. Cette période de presque 40 ans s’est-elle achevée en juillet 2020, pour en entamer une nouvelle ? Nous ne le saurons qu’après coup bien entendu, mais la hausse de ces six derniers mois est bien réelle et a déjà eu un impact très violent sur les marchés.

Le « casse du siècle » slovène

A titre d’exemple, et ce n’est de loin pas le seul, l’obligation de l’État slovène, échéance en 2081, illustre ce phénomène jusqu’à la caricature : émise à environ 100€ en 2021, elle ne vaut désormais plus que le tiers de sa valeur initiale.

Cette obligation cote désormais à un niveau qui rémunère ses détenteurs à un peu plus de 3% par année, ce qui reste encore très inférieur au niveau de l’inflation en zone Euro : nettement moins que la moitié. Bien qu’ayant déjà perdu les deux tiers de sa valeur, on peut facilement imaginer que cette obligation réserve encore quelques frayeurs aux investisseurs qui auront la témérité de se frotter à la volatilité de cet emprunt garanti par un État de la zone Euro, mais dont le cours donnerait la nausée à la plus exotique des cryptomonnaies.

Qu’en est-il du côté des autres classes d’actifs ?

Le scénario d’une récession plane de manière persistante : la hausse des taux combinée à la hausse de leurs charges risque de pénaliser lourdement les entreprises, ce d’autant que nombre d’entre elles ne doivent leur survie qu’à leur mise sous perfusion depuis plus d’une décennie, sous forme de taux d’intérêts maintenus artificiellement extrêmement bas.

Dans leur entêtement à vouloir à tout prix éviter une récession et sauver nos instituts bancaires, nos gouvernements, de concert avec les banques centrales, ont anesthésié le marché des taux. En supprimant le thermomètre il est devenu impossible de déterminer quel établissement est souffrant, et à quel point.

D’autres symptômes n’ont par ailleurs pas manqué d’apparaître : une profusion de rachats de sociétés publiquement cotées par émission de dette et diverses bulles dont la plus emblématique est sans conteste le développement des cryptomonnaies et de ses variantes.

Or, en cas de récession aucune classe d’actif n’est un refuge, en particulier lorsque celle-ci est couplée à une hausse des taux.

Quelle stratégie adopter ?

La solution la plus simple qui consiste à se tenir à l’écart des marchés présente l’avantage d’être très transparente sur son coût : celui de l’inflation, qui grignote en continu le pouvoir d’achat des épargnants.

Pour tenter de la compenser il est possible de prendre le risque d’effectuer des placements au cas par cas, en prenant le risque de cumuler des pertes de marché en plus de celles dues à l’inflation en cas de récession.

Dans un tel environnement, les Hedge Funds reviennent sur le devant de la scène car ils sont aptes à profiter d’une hausse des taux en négociant des produits dérivés. A côté des classes d’actifs traditionnelles, différents produits structurés permettent également de se positionner et de bénéficier d’une hausse des taux.

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