La mafia italienne est-elle en train de renforcer son emprise sur la Suisse ?
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1. Comment définir aujourd’hui la présence de la mafia italienne en Suisse ?
Elle est bien « intégrée ». L’honorable société a depuis longtemps les codes pour infiltrer toutes les couches de la population. À ce titre, elle est discrète et efficace. La Suisse demeure un pays clé. Notamment pour le blanchiment d’argent. Selon l’Office fédéral suisse de la police (OFSP), quelques 400 membres des mafias italiennes seraient installés en Suisse. Ils seraient repartis dans une vingtaine de structures (familles, cellules, etc.).
2. Quelles organisations mafieuses (´Ndrangheta, Cosa Nostra, Camorra…) sont les plus actives sur le territoire suisse ?
3. Dans quels secteurs économiques la mafia est-elle la plus implantée en Suisse ?
Dans les fiduciaires, les cabinets d’avocats, la restauration mais aussi dans les entreprises du gros œuvre. Cette liste n’est bien entendu pas exhaustive. Les acteurs économiques visés étant ceux qui permettront le meilleur rapport opportunité / risque pour le blanchiment de l’argent issu du crime organisé.
4. Pourquoi la Suisse représente-t-elle un terrain attractif pour les organisations mafieuses ?
Premièrement, on ne peut écarter sa position géographique au centre de l’Europe et sa porte culturelle offerte par le canton de Tessin communément appelé la Suisse italienne. La place financière du pays même si l’attractivité de celle-ci régresse constitue un pôle d’attraction. Le secret bancaire même si lui aussi n’est plus ce qu’il était.
5. Peut-on parler d’une infiltration du tissu économique légal suisse ? Si oui, sous quelles formes ?
6. Quels sont les principaux cantons ou régions les plus concernés ?
7. Comment les autorités suisses luttent-elles contre ces réseaux criminels ?
8. Existe-t-il une coopération efficace entre la Suisse et l’Italie sur ce sujet ?
9. La population suisse est-elle suffisamment consciente de cette réalité ?
10. Quelles évolutions observe-t-on ces dernières années, et à quoi faut-il s’attendre dans le futur ?
La société mafieuse est une organisation capitaliste et de prédation. Elle recherche la maximisation des profits et à tout prix. Elle est préoccupée à protéger ses marges. En ce sens, elle exploitera automatiquement les failles du système. Elle excédera en créativité pour occuper les espaces vides que notre appareil judiciaire et une classe politique actuellement faible laisseront.
11. Quelles sont les méthodes privilégiées par la mafia pour blanchir de l’argent en Suisse ?
Cela consiste à employer l’argent généré par les activités illicites au nombre desquelles on retrouve le trafic de cocaïne – mais pas que – dans l’économie légale et à en recueillir les bénéfices blanchis. L’investissement et le rachat de PME. Notons que 60% de nos PME n’ont pas de repreneurs. Elles constituent des cibles idéales. Mais également dans la restauration – observez le nombre de restaurants qui demeurent vides la majeure partie de la semaine. Et bien entendu le gros œuvre. À ce titre, le canton du Valais est très perméable.
12. Les nouvelles technologies (cryptomonnaies, fintech, etc.) ont-elles changé leur modes d’action ?
13. Quels sont les principaux obstacles rencontrés par les enquêteurs suisses face à ces organisations ?
14. Y a-t-il eu des affaires récentes marquantes révélant l’ampleur du phénomène en Suisse ?
J’en ai évoquées plus avant mais je suppose que d’autres affaires, de fortes amplitudes, défrayeront la chronique tôt ou tard. Je me méfie tout particulièrement de « l’achat » des contrats publics de gros œuvres et bien entendu des affaires de blanchiment d’argent de provenance criminelle. Du côté de quelques banques privées suisses que le poids exponentiel des nouvelles réglementations met à mal en terme de coûts et qui sont désespérées pour compenser des charges exubérantes avec de nouveaux revenus. Cela les rend moins regardantes.
15. Que faudrait-il améliorer dans la législation ou les moyens de lutte pour mieux contrer la mafia ?
Il faut en faire une priorité nationale. Je suis plus convaincu par les campagnes de prévention et de sensibilisation que par l’alourdissement législatif qui éloigné toujours plus les acteurs clés du terrain où les choses se passent pour les enfermer dans des bureaux remplis de paperasse

