Chers Clients, Chers Partenaires et Chers Lecteurs,

Il est encore temps pour vous souhaiter une bonne nouvelle année et une bonne santé.

Avec cette lettre d’information, nous prenons le risque d’explorer d’autres réalités. Notre collègue Christophe Alexandre, analyste financier CFA, nous restitue le contenu de la conférence de Jean-Marc Jancovici, consultant en énergie et climat, qui s’est tenue à Genève, le 17 septembre 2020. Nous vous souhaitons une bonne lecture.

Télétravail obligatoire ; restrictions de mouvements… on s’adapte et on se projette

L’an dernier nous a rappelé que crise signifie aussi opportunité. En 2020, sur 30’000 sociétés cotées à la bourse, de par le monde, seulement 500 ont guidé le fort rebond des indices boursiers. Après l’élection présidentielle américaine et les annonces surprises des premiers vaccins.

Si Coronavirus et COVID -19 ont été les noms les plus employés, on peut sans risque imaginer que vaccinations et vaccins seront les mots à la mode en 2021. Hier, nous apprenions que le management du leader mondial de la machine à emballer Bobst ainsi que d’autres patrons, soutenus par les faîtières CVCI et Swissmen, souhaitent faire vacciner leurs employés pour accélérer la reprise. 

 

Ce genre d’annonce, après celle de passeport Covid-19, n’est pas sans interpeller et laisse entrevoir le passage d’un paradigme dans lequel on pensait à tort tout contrôler à celui dans lequel on nous parlera de rapport bénéfice – risque. A méditer. Pour notre part, nous arrivons au terme d’une riche série de webinaires et autres présentations de perspectives économiques 2021-2022. Ce qui jadis se déroulait dans les salles d’hôtel ou dans les locaux de nos partenaires telles que les banques s’est déroulé derrière notre écran d’ordinateur. Néanmoins, nous sommes équipés pour rédiger vos rapports de situation individuels. Rendre compte, au gré des restrictions sanitaires. Nous n’échappons pas à l’obligation décrétée par l’autorité du télétravail. Quant aux relevés fiscaux, ils seront générés par les banques dépositaires à partir de la seconde semaine de février.

Revenons aux marchés financiers. En 2020, l’innovation fut au cœur de l’actualité. Elle va encore le rester. Commepour le fatidique 11 septembre 2001, il y a un avant et un après. Le télétravail a poussé à changer nos habitudes. Il est probable que nous vivrons encore à ce rythme quelques mois. On entendra tout et son contraire. Les politiques n’ont plus qu’un mot à la bouche… vaccin.

Le conditionnement médiatique est en place. La semaine dernière, lors de son webinaire sur les perspectives économiques 2021, Exane, du groupe bancaire BNP Paribas, prévenait que si les restrictions actuelles devaient se maintenir au-delà de la mi-février, il y aurait danger pour les résultats des entreprises. Les chiffres du second trimestre seraient impactés. La semaine précédente, toujours lors d’un webinaire sur les perspectives économiques, son concurrent ODDO BHF dissimulait avec peine son grand optimisme pour l’exercice en cours. On vit sur un mode de vie alterné entre le chaud et le froid non sur un rythme mensuel ou hebdomadaire mais quotidien. Pour autant, les différents acteurs économiques s’adaptent. La vie continue et les gens consomment. Investir c’est participer au monde actuel et de demain. C’est aussi influer sur celui-ci. L’an dernier, nous écrivions que le choc exogène encaissé par les marchés financiers au cours du krach de mars nécessiterait dix-huit bons mois de « réparation. » 

Nous y sommes. Des pans d’activités tels que le secteur aérien n’est pas prêt de repartir et le tourisme qui est la première industrie du monde va rester en berne encore quelques semaines. Dans cette constellation, des baisses sporadiques des marchés financiers sont probables. Elles offriront des points d’entrée avantageux sur quelques bonnes entreprises appartenant aux secteurs d’avenir. Parmi lesquels, on identifie naturellement les acteurs majeurs ou les plus innovants sur le plan de la transition énergétique ; les infrastructures qui sont stimulées par les plans de relance étatiques – on pense, entre autre, à celui de 1900 milliards de dollars présenté par Joe Biden ; la distribution et le traitement de l’eau (Geberit, Suez et Veolia) ; la cybersécurité (les bonnes nouvelles de Kudelski, la semaine dernière font plaisir); les technologies quantiques (on suit l’américain Pandora et le français Thales); le rail, avec près de 40 constructeurs mondiaux de matériel ferroviaire roulant et de solides perspectives, offre la possibilité de participer à un secteur qui n’est qu’à l’aube de sa consolidation et qui participe pleinement à la transition énergétique ; à l’économie circulaire et à l’alimentation dite intelligente. La tendance qu’est la durabilité étant de plus en plus importante, l’alimentation et ses effets sur notre bien- être et sur notre environnement occupe une place centrale. Là aussi, l’innovation est dynamique. La liste n’est pas exhaustive. Nous en reparlerons régulièrement, dans le courant de l’année.

Sources :

  • Actualité quotidienne des marchés de la BCV
  • Webinaire de Julius Baer du 13 janvier
  • Webinaire de ODDO BHF du 14 janvier
  • Webinaire d’Exane du 18 janvier
  • Webinaire hebdomadaire de la banque Vontobel
  • Flashs marchés de la banque Edmond de Rothschild : « Vaccins et plans de relance soutiennent la tendance » et « La situation sanitaire se dégrade »
 

Avec nos meilleurs et dévoués messages

François Meylan

Information : info@meylan-finance.ch

Vol. X – N° 102 – Décembre 2020 / Janvier 2021

Quelques grandes tendances pour 2021…

…article de François Meylan—Meylan Finance, Membre du GSCGI

Dans cet environnement de marchés boursiers soutenus par les banques centrales avec des taux d’intérêts très bas voire négatifs, il reste à savoir dans quoi il faudra être investi, ce que confirmait récemment Samy Chaar, chef économiste de la banque privée Lombard Odier, dans un média spécialisé: «Restez investis!»

 

Les mégatendances suivantes ressortent de plusieurs études:

1) L’essor des robots et de l’intelligence artificielle

Grâce à l’augmentation de la puissance de calcul et l’accès à des données toujours plus nombreuses et complètes, l’intelligence artificielle (IA) a fait son entrée dans de multiples industries.

2) Le creusement des inégalités

La mondialisation a laissé de côté une part grandissante de la population. Le recours à la planche à billets par les banques centrales a certes permis de sauver de nombreuses entreprises de la faillite et maintenu le système financier à flot. Par contre, la création de richesse a davantage rémunéré le capital que le travail, creusant le fossé entre les plus riches et les plus pauvres. La crise du COVID-19 n’a fait qu’accroître ce dangereux déséquilibre. Les frustrations croissent et les populismes grandissent. Cette mégatendance pourrait bénéficier aux secteurs et entreprises qui produisent de manière locale ainsi que les valeurs liées à l’industrie de la sécurité et la cybersécurité (Prosegur; Leonardo, etc.).

3) Les infrastructures

Le besoin de rénovation d’infrastructures existantes ou de nouvelles installations est important tant aux Etats-Unis que sur le vieux continent. La transition énergétique soutient la tendance. Entre autre, on pense au développement du rail (Vinci; Siemens; ABB; Alstom voire CRRC).

4) Les «Millennials»

Les «Millennials», aussi communément appelés la Génération Y, sont les personnes nées dans les années 1980 et le début des années 1990. Cette catégorie d’âge représente 50% de la population mondiale, dont une grande partie dans les pays émergents. Ils ont pour point commun le fait d’avoir grandi en pleine évolution technologique et numérique. Cette génération est également très soucieuse de l’écologie, du développement durable et des grandes questions de société telles que la diversité. Il est donc assez naturel pour les «Millennials» de favoriser les investissements dans les entreprises tournées vers la transition énergétique, qui respectent les critères ESG (environnement, social, gouvernance), les valeurs technologiques, les véhicules électriques, les loisirs et la santé.

5) La «Silver Economy»

La population est vieillissante. Dans un pays comme le Japon, les décès sont plus nombreux que les naissances et l’immigration n’est pas suffisante pour combler le déficit démographique. Le pourcentage de la population mondiale âgée de plus de 65 ans a augmenté depuis la guerre, créant une économie dite «argentée». De nouveaux besoins apparaissent. Les principaux bénéficiaires de cette tendance sont les entreprises de biotechnologie qui ciblent les maladies liées à l’âge tel que le diabète, l’arthrite et le coeur, mais aussi les entreprises impliquées dans les loisirs et l’accompagnement de la personne.

François Meylan

Directeur et fondateur de Meylan Finance Membre du GSCGI

Ce sont les politiques publiques qui portent les cours boursiers et non plus les profits

C’est le monde à l’envers. Ce sont les politiques publiques – c’est-à-dire le gonflement des bilans des banquescentrales ou encore ce que l’on appelle la planche à billets – l’assouplissement monétaire (QE) – qui soutiennent les cours boursiers et non plus les profits des entreprises. Dans les faits, depuis la crise financière de 2008 – 2010, nous n’avons cessé d’évoluer dans cet environnement.

Cette fois, nos autorités monétaires battent tous les records. Et cela va durer en 2021. On y ajoute l’effet des vaccins et on comprend alors que l’euphorie boursière de novembre dernier n’était peut-être pas exagérée. C’était bien plusque l’effet Biden neutralisé par un Sénat républicain.

Néanmoins, la récente hausse boursière s’est concentrée sur seulement une centaine d’entreprises sur les 50’000 sociétés cotées. On peut se réjouir pour les principaux indices boursiers qui sont portés par les quelques locomotives technologiques et pharmaceutiques qui sont les grandes bénéficiaires de tout cet argent public.

Mais cela ne fait pas le beurre de toutes les autres qui reflètent au plus près la réelle santé de l’économie réelle. C’est-à-dire, la convalescence. « La plupart des investisseurs sont convaincus qu’un fort rebond de l’activité est probable en 2021 et 2022. Le principal sujet de débat est maintenant le rythme de la normalisation des politiques publiques. Beaucoup craignent que le moindre signal d’une baisse de la stimulation soit perçu négativement par les marchés boursiers. Nous pensons que ces inquiétudes sont prématurées. Bien que l’appétit pour le risque puisse refluer à court terme après le fort rebond de ces deux derniers mois, le resserrement des politiques semble encore lointain. Les nouvelles orientations de la Réserve fédérale (Fed) sur les achats d’actifs suggèrent que son QE sera maintenu à son rythme actuel tout au long de 2021. Le président de la Fed, Jerome Powell souhaiterait un chômage plus proche de la normale avant de réduire le QE. Selon les prévisions de la Fed, cela ne devrait pas se produire avant 2022. » (1)

1) Vue Macro : Les craintes d’un durcissement des politiques sont prématurées, Jean- Baptiste Pethe, Chef économiste, Exane BNP Paribas, 18 décembre 2020 ;

Quelques grandes tendances pour 2021…

Dans cet environnement de marchés boursiers soutenus par les banques centrales avec des taux d’intérêts très bas voire négatifs, il reste à savoir dans quoi il faudra être investi.

 

Chose que confirmait récemment Samy Chaar, chef économiste de la banque privée Lombard Odier, dans un média spécialisé: « Restez investis ! »

Les mégatendances suivantes ressortent de plusieurs études :

1) L’essor des robots et de l’intelligence artificielle
Grâce à l’augmentation de la puissance de calcul et l’accès à des données toujours plus nombreuses et complètes, l’intelligence artificielle (IA) a fait son entrée dans de multiples industries.

2) Le creusement des inégalités

La mondialisation a laissé de côté une part grandissante de la population. Le recours à la planche à billets par les banques centrales a certes permis de sauver de nombreuses entreprises de la faillite et maintenu le système financier à flot. Par contre, la création de richesse a davantage rémunéré le capital que le travail, creusant le fossé entre les plus riches et les plus pauvres. La crise du COVID-19 n’a fait qu’accroître le dangereux déséquilibre. Les frustrations croissent et les populismes grandissent. Cette mégatendance pourrait bénéficier aux secteurs et entreprises qui produisent de manière locale ainsi que les valeurs liées à l’industrie de la sécurité et la cybersécurité (ProsegurLeonardo, etc.)

3) Les infrastructures

Le besoin de rénovation d’infrastructures existantes ou de nouvelles installations est important tant aux Etats-Unis que sur le vieux continent. La transition énergétique soutient la tendance. Entre autre, on pense au développement du rail (Vinci ; Siemens ; ABB ; Alstom voire CRRC).

4) Les « Millenials »

Les « Millennials », aussi communément appelés la Génération Y , sont les personnes nées dans les années 1980 et le début des années 1990. Cette catégorie d’âge représente 50% de la population mondiale dont une grande partie dans les pays émergents. Ils ont pour point commun le fait d’avoir grandi en pleine évolution technologique et numérique.

Cette génération est également très soucieuse de l’écologie, du développement durable et des grandes questions de société telles que la diversité. Il est donc assez naturel pour les « Millenials » de favoriser les investissements dans les entreprises tournées vers la transition énergétique, qui respectent les critères ESG (environnement, social, gouvernance), les valeurs technologiques, les véhicules électriques, les loisirs et la santé.

5) La « Silver Economy »

La population est vieillissante. Dans un pays comme le Japon, les décès sont plus nombreux que les naissances et l’immigration n’est pas suffisante pour combler le déficit démographique. Le pourcentage de la population mondiale âgée de plus de 65 ans a augmenté depuis la guerre, créant une économie dite « argentée ». De nouveaux besoins apparaissent. Les principaux bénéficiaires de cette tendance sont les entreprises de biotechnologie qui ciblent les maladies liées à l’âge tel que le diabète, l’arthrite et le cœur mais aussi les entreprises impliquées dans les loisirs et l’accompagnement de la personne. (2)

2) Points de vue, Investissements thématiques : les 5 mégatendances de 2021, Valérie Noël, FlowBank, dans allnews, 7 décembre 2020 ;

Le bémol, en plus de l’évolution de la pandémie, est le retour à la réalité…

Le 16 décembre, l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores nous le rappelle : « La confiance des consommateurs n’a guère décollé ces derniers mois et piétine toujours sur ses bas niveaux du début de 2014, en partie du fait de la lenteur du rattrapage du marché du travail sur lequel manquent toujours 10 millions d’emplois par rapport à la situation d’avant crise. » (3)

Ne pas brader son or ! Dans cet environnement encore marqué par un degré d’incertitude sans précédent au cours duquel même la poursuite du mouvement de rotation cyclique pourrait s’accompagner d’un retour en force du métal jaune, ainsi que cela a pu s’observer par le passé. (4)

3) La consommation américaine à nouveau dans le rouge, Véronique Riches-Flores, 16 décembre 2020 ;

4) Rien n’oblige à vendre son or, même en vue d’une plus grande rotation sectorielle en 2021, Thomas Bauer, 18 décembre 2020.

Les fusions et acquisitions (M & A) vont se poursuivre en 2021*

On l’a déjà évoqué en novembre dernier. Entre l’argent bon marché à profusion, les gagnants de la Covid-19 ont à leur portée une quantité de sociétés dites de « la vieille économie » qui ont été bradées à la bourse. T ous les ingrédients sont réunis pour accélérer le mouvement.

L’un des nombreux exemples est le rachat de « The Washington Post » par le patron d’Amazon, Jeff Bezos.

Les secteurs concernés sont principalement les banques, rumeurs en cours sur le couple BBVA et Banco Sabadell et qui bénéficie de l’encouragement explicite de la Banque centrale européenne ; le luxe (Hugo Boss) ; les médias ; l’énergie et les services aux collectivités. Le dossier du moment est français Véolia – Suez. La thématique devrait être exploitée par le biais de la diversification : un fonds de placement ; un ETF ou autre solution structurée.

Le marché britannique n’est pas dénué d’intérêt

Entre l’an prochain et le printemps 2022, le rattrapage des actions britanniques devrait être durable. Ce marché – le FTSE 100 – qui a perdu (– 19 %) cette année se trouve, avec l’Espagne, dans les plus mauvais élèves du continent.

Conjugué à  une forte pression sur la livre sterling, des opportunités très attractives apparaissent. On pensera au pétrolier BP qui a pris le virage à marche forcée des énergies renouvelables et veut devenir neutre en carbone d’ici 2050.

Au cours actuel, l’action distribue un dividende confortable de 9 %. Vodafone se trouve, pour sa part, dans un mouvement de concentration significatif du secteur et distribue 6.5 % en dividendes.

Le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline (deuxième groupe pharmaceutique mondial : traitement des maladies respiratoires (67.5 % du CA), de l’infection par le VIH (27,7 %), troubles du système immunitaire (3.5 %) et Covd-19, est incontournable. Le dividende actuel est de près de 6 %. Pour autant, nous recommandons de diversifier, le cas échéant, l’entrée sur ce marché par le biais de la diversification : un fonds de placement ; un ETF ou autre solution structurée.

« Nous vous présentons nos meilleurs voeux pour ces fêtes, en santé, et une lumineuse année 2021. »
François Meylan


Information : info@meylan-finance.ch

Editorial Wealth Gram

Téléchargement de la revue : La tribune mensuelle des membres du GSCGI

2020, une année qui nous invite à redécouvrir l’économie réelle!

Ces dernières années n’ont cessé de nous noyer dans les réglementations (FATCA, MIFID II, LEFIN et LSFIN & Co). L’administratif et les délais à répétition imposés de toutes parts (des banques dépositaires aux organes de régulation en passant par les différents prestataires financiers) nous ont trop souvent éloigné du monde de l’entreprise et de l’économie réelle. À cela on ajoute quatre années de gestion du monde par le biais des Tweets agressifs de la Maison Blanche, suivies de quelques guerres commerciales. Ceci pour dire que dans cet environnement compliqué et stressant, les risques de passer à côté de trends haussiers annonciateurs de changements de paradigmes et de modes de consommation se sont accrus.

Celui qui a manqué l’envolée des nouvelles valeurs technologiques est doublement sanctionné cette année de règne de la COVID-19. Il est passé à côté de performances exceptionnelles générées par les Zoom, Amazon, Tesla, Netflix, Facebook, Apple, pour ne mentionner que celles- là.

Il souffre de la double peine d’avoir en portefeuille des entreprises que beaucoup voient déjà vouées à la vieille économie condamnées à disparaître. Celles dont plus personne ne veut. Celles qui sont pourtant d’importantes pourvoyeuses d’emplois, mais qui sont trop gourmandes en capital et qui cumulent les dettes. Celles qui ne sont plus tendance. Ce sont aussi celles qui sont tout particulièrement affectées par les phases de confinement successives, les restrictions et autres quarantaines. Pour autant, ce sont dans les secteurs les plus sinistrés aujourd’hui que se trouvent les leaders de demain. C’est par mauvais temps que l’on reconnaît les bons capitaines. Et c’est dans l’adversité que se dégagent les opportunités.

Le mouvement des fusions et des rachats est déjà initié. Le secteur du luxe se concentre. C’est le cas également pour les services. Des constructeurs automobiles prennent le virage de l’électrique et de l’hydrogène et feront demain aussi bien, voire mieux que Tesla. Le tout publicitaire qui enrichi Facebook montre déjà ses limites. Une Zoom qui n’est pas vraiment à l’abri d’une forte barrière à l’entrée peut être remplacée demain par une nouvelle technologie. Les consommateurs vont se fatiguer de payer chaque fois plus cher leur iPhone d’Apple pour recevoir chaque fois moins de fonctionnalité en échange. Samsung et Huawei font déjà mieux, avec une meilleure résolution photo, et surtout ils sont moins onéreux. Aussi, on aurait tort de se débarrasser des pétrolières ou des bancaires qui sont obligées de se restructurer et même de se réinventer au pas de charge. Il en est de même pour le secteur aérien.

Du côté des infrastructures, le train apparaît déjà comme incontournable.
Le transport ferroviaire pour être plus précis. Il faut dire qu’entre la grande glaciation des échanges aériens et la douloureuse mue environnementale de l’automobile, le rail fait figure de havre de paix.

En sortant des sentiers battus, on découvre également les actions dites ennuyeuses telles que Waste Management qui est le numéro 1 américain de la gestion des déchets. Son parcours boursier, à l’abri des modes, est étincelant. Service Corp International, numéro 1 américain des pompes funèbres, n’est pas en reste non plus. La société possède plus de 1500 salons funéraires et 500 cimetières. Et elle aura encore des clients demain…

Tout cela demande du temps et de la concentration. Les confinements à venir nous en donnent. Se plonger dans le monde de l’entreprise. Celui de la création de valeur. Étudier les secteurs. Se positionner de manière à ne pas manquer la prochaine reflation des actifs. Que cette dernière soit de nature sectorielle ou liée à la fin de la pandémie, elle viendra. Toutefois, il serait faux de croire que cette fois c’est différent. Ce sont les mots les plus coûteux de l’histoire de l’investissement selon Warren Buffett. Il suffit de rechercher les noms des sociétés listées il y a vingt ans. Se rappeler toutes ces étoiles montantes qui ont disparu depuis, telles que Distefora, Gretag, Miracle, Xerox, Enron, Global Crossing, Worldcom, World Online, Petroplus, AOL, Terra Lycos, etc. et etc. Aussi, celles qui sont toujours là vingt ans plus tard ce n’est pas pour rien.

À contrario du discours du philosophe français Luc Ferry qui annonce une nouvelle révolution industrielle qui serait portée par l’intelligence artificielle et le transhumanisne, nous ne vivons pas le début d’un nouveau monde. Nous traversons seulement une très forte tempête qui nous force à repenser les habitudes et les modes de consommation qui reviendront après la crise et ceux qui sont sur le point de disparaître définitivement.

François Meylan

Directeur et fondateur de Meylan Finance Membre du GSCGI

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