Face à cette tragédie, sans précédent, nous maintenons une communication soutenue. D’une part, pour partager avec vous nos observations. De l’autre, pour vous accompagner au cours de cette crise incroyable où la réalité a dépassé la fiction. La situation n’est pas sans nous rappeler les chocs majeurs des attentats du 11 septembre 2001 ou encore les faillites et disparitions en cascade de grandes banques commerciales américaines comme Bear Stearns, Lehman Brothers, Merrill Lynch ou encore Wachovia en 2008.

Au cours de la semaine écoulée, de nombreux témoignages et images sur la situation médicale ont été diffusés. Ces informations dramatiques venant d’Espagne, de France, d’Italie ou encore
du pays contrastent avec les journées printanières offertes par une météo clémente. Elles ont le mérite de nous rappeler, au quotidien, que le risque pour la santé est bien réel. Que cela n’arrive pas qu’aux autres.

Dans le même temps, l’émergence sur YouTube et sur les réseaux sociaux d’une quantité de pseudos spécialistes auto proclamés nous piègent à entendre et à lire tout et n’importe quoi.

Aussi, nous invitons à consulter les sources officielles dont la valeur de l’information est validée, tel que celui de l’Office fédéral de la santé publique OFSP- BAG.

La saison des assemblées générales (AG) – Notre partenariat avec Actares

Les assemblées générales se tiennent, à huis clos. Pour beaucoup, elles seront retransmises en direct par le bais des sites internet des entreprises concernées. Nous recommandons d’exercer ses droits de vote. Les sociétés adressent directement leur convocation et matériel de vote, à l’actionnaire. Pour les investisseurs non inscrits au registre des actionnaires et pour les actions au porteur, les banques dépositaires s’en occupent. Nous tenons à votre disposition les rapports et recommandations d’Actares de qui nous sommes partenaires. Ensuite, nous participerons aux AG des sociétés Kudelski, le 15 avril, Meyer Burger, le 13 mai et Orell Füssli, le 20 mai 2020.

Un redressement boursier durable nous paraît encore prématuré

Il n’est pas question de tuer l’économie pour tuer le virus. Ni de sous-estimer la chute de l’activité économique. Le coup porté à la demande pourrait être de longue durée. Les ménages voudront opter pour un paradigme plus prudent. « L’offre pourrait également être réduite par une hausse du chômage et des faillites d’entreprises. Pour autant, la réponse des politiques publiques des pays développés a également été impressionnante. » Précise Jean- Baptiste de Exane BNP Paribas. Nous sommes d’avis qu’il est encore tôt pour se réjouir.

Christophe Alexandre, analyste financier CFA, gérant.

Pour rappel, les décisions italiennes ont été les suivantes:

  • 4 mars: fermeture des écoles dans toute l’Italie
  • 8 mars: « confinement » très laxiste de 16 millions de personnes en Lombardie et autour
  • 11 mars: « confinement » de toute l’Italie
  • 12 mars: fermeture totale, et non plus seulement partielle, des cafés, restaurants et magasins non alimentaires

En l’état actuel de nos connaissances on suppose un délai de 18 jours entre la contamination et le décès éventuel.

La barre des décès sur 24 heures du 27 mars correspond donc à la politique en vigueur au 9 mars, c’est-à-dire un confinement très relatif de la Lombardie et des régions environnantes, ainsi que la fermeture des écoles dans l’ensemble de l’Italie.

On peut s’attendre à ce que ces mesures donnent de bons résultats, qui devraient commencer à se concrétiser dans la courbe ci-dessus sous la forme d’un plateau au niveau actuel, et ce jusqu’au 30 mars, lorsque les effets de la décision de confinement global du 12 mars se feront enfin pleinement sentir. On peut alors s’attendre à une chute très forte des décès sur 24 heures.

A prendre avec des pincettes, ces données chinoises indiquent que la normalisation dans la province d’Hubei n’a pas non plus été un long fleuve tranquille et l’évolution des décès sur 24 heures a également montré de fortes fluctuations autour de la « valeur plateau » :


L’historique des évènements en Italie est riche d’enseignements et permet d’extrapoler ce qu’il se passera en Suisse. La politique du Conseil Fédéral me semble adéquate.

L’activité économique pourrait donc reprendre très rapidement, moyennant des mesures d’hygiène relativement simples à mettre en place dans la plupart des entreprises et la tenue à l’écart des personnes les plus à risque. En particulier Vaud et Genève doivent relâcher quelque peu les interdictions afin de permettre aux entreprises de redémarrer leur activité au plus vite. Certaines décisions prises l’ont été sous le coup de l’émotion mais ne trouvent aucune forme de justification dans les statistiques italiennes que nous avons maintenant sous les yeux.

Il ne faut jamais perdre de vue que le virus n’a pour seuls moyens pour nous nuire que ceux que nous lui offrons par nos manquements à des règles très simples: respect d’un distance de sécurité de deux mètres entre les personnes, lavage des mains fréquents, ne pas se toucher le visage si l’on ne peut éviter un contact avec une surface non désinfectée, utilisation de cartes de paiement plutôt que de monnaies … Et surtout, le principal risque n’est pas le virus lui-même, mais bien la capacité limitée de prise en charge par le système médical. Nous devons et pouvons pour quelques mois intégrer dans notre quotidien les gestes qui préserveront ce dernier.

L’analyse économique

Philippe Paoly, économiste, enseignant, auteur et gérant.

L’heure est à l’urgence sanitaire, et pour beaucoup l’économie n’est pas forcément la priorité du jour. Toutefois, d’autres s’inquiètent tant pour leur entreprise que pour leur emploi.

Le Conseil fédéral estime actuellement que notre économie fonctionne à 80% de ses capacités. Les mesures prises en soutien aux PME nous semblent adaptées. Les possibilités de crédits représentent, sous réserve, plus d’un mois d’activité. Une entreprise à trois principaux types de coûts : un coût variable représenté par les marchandises ou prestations destinées à la vente, le coût du travail représenté par les salaires et les charges sociales, et des coûts fixes représentant des coûts structurels (loyer, leasing de machines, etc.). Les coûts variables étant par définition proportionnels au chiffre d’affaires, ils peuvent être pour l’essentiel exclu du raisonnement, et une PME sans activité doit faire face principalement au coût du travail et des coûts fixes, et c’est la proportion entre les deux qui est alors déterminante dès lors que l’on intègre les mesures de chômage partiel. Approximativement pour des coûts variables au tiers des ventes (hypothèse), si le coût du travail représentait l’équivalent des coûts fixes, l’entreprise peut tenir 2 mois grâce à l’aide fédérale. Si c’est le double, 3 bons mois. Si par contre c’est la moitié, c’est alors moins de 2 mois.

Au niveau fédéral, l’essentiel des mesures de contraintes économiques furent décidées mi-mars, ce qui signifie que dès fin avril certaines PME seront déjà en sérieuses difficultés et l’outil créateur de richesse commencera, sauf mesures complémentaires, à se détruire dès le mois de mai.

Rappelons ici trois évidences : la première est que la production dépend directement de la demande, et la demande dépend directement de la production au travers des revenus que cette dernière génère. Aussi une reprise dépend de trois facteurs essentiels : la confiance dans l’avenir pour que la demande et/ou la production augmentent, le crédit pour satisfaire le besoin de liquidité permettant à la demande et/ou à la production d’augmenter, et un outil de production opérationnel pour que le cercle vertueux puisse s’engager totalement. La deuxième est que chaque secteur à besoin de chaque secteur : même un hôpital a besoin pour fonctionner d’entreprise de livraison, de blanchisserie, de plomberie, d’électricité, d’informatique, de fabrique de textiles, de verre, de plastique ou de papier, et chacune de ces entreprises ou fabriques a besoin de toutes les autres pour elle-même fonctionner. Enfin la troisième est que sans revenus, sans recettes fiscales, sans cotisations sociales, toute intervention étatique, tout service public, toute prestation sociale devient impossible.

En bref, sans échange, tout s’arrête y compris les services publics, la création monétaire, les prestations sociales et l’action étatique. Toute activité économique, même réduite, est donc indispensable.
Nous avons toutefois la chance d’être dans une économie solide. Grâce à son tissu économique efficace, la Suissesse connait un taux de chômage bas, un endettement public faible et pas de déficit structurel. Cette situation offre ainsi à notre gouvernement une marge d’intervention que d’autres états n’ont pas, même si nous dépendons en partie des exportations. Si nous comprenons et soutenons les mesures sanitaires actuelles et sans disserter sur le potentiel choix entre Aujourd’hui et Demain, il n’en demeure pas moins que les restrictions économiques ne peuvent qu’être limitées dans le temps et qu’il est essentiel d’éviter toute déliquescence ou destruction du tissu économique. Une entreprise fermée l’est définitivement. Tout en respectant les consignes sanitaires, il nous paraît important que chacun continue, lorsque cela est autorisé et possible, à faire son travail, continue d’échanger, continue de régler ses obligations au mieux, afin de maintenir notre tissu économique en vie le plus longtemps possible, ceci dans l’objectif qui nous semble vertueux de préserver l’Après mais aussi de soutenir tous ceux qui sont maintenant privés d’activité, l’action des autorités et le financement des services publics y compris le système de santé.

Positionnement

Semaine du 23 au 29 mars

Lettre d’information de Meylan Finance

*photos prises entre Morges et Lausanne par FM

Chers Clients, Chers Partenaires et chers lecteurs,

Coronavirus… voici un mot que le monde entier sait écrire !

Pour beaucoup, le télétravail s’est mis en place. Pour la grande majorité, c’est le confinement qui est au menu. Les meilleurs spécialistes sont au chevet de nos malades comme de l’économie mondiale. Aujourd’hui, il est question de sauver des vies… et cela n’arrive pas qu’aux autres ! Nous sommes de plus en plus nombreux à être touchés de près ou de loin par la maladie.

 

Avec des baisses sur nos indices boursiers comprises entre 23 et 34%, il est bien question dun krach boursier !

SMI : – 23.13% ; CAC 40 : – 34.52% ; Dow Jones : – 29.73% ; Nikkei 225 : – 27.65% ; Eurostoxx 50 : – 33.63%. 

Les conférences téléphoniques se suivent.

Et après ?

Les enseignements sont déjà nombreux. En premier lieu, des pans entiers dobligations ont été vendus à la hâte, en raison de lanticipation de nombreuses faillites dentreprises. Toutes les classes dactifs ont chuté et, une fois de plus, le métal jaune na pas fonctionné comme valeur refuge. Cest loccasion de rappeler les dires de Warren Buffett, célèbre gourou de Wall Street, qui na cessé de répéter : quacheter de lor cest revenir à la machine à vapeur !

Ainsi, lonce a baissé de 1670 dollars à 1470 dollars.

Et maintenant ?

« Les marchés financiers n’ont jamais connu pareille crise. Une crise financière, celle des subprimes, était en 2008 à l’origine de la récession qui a suivi. « … » La pandémie de coronavirus est une situation complètement nouvelle et se reflète notamment par la vitesse à laquelle les indices boursiers ont plongé ces dernières semaines. La paralysie qui menace des pays entiers est inédite. Des catastrophes comme l’accident nucléaire de Fukushima ou l’ouragan Katarina ont certes mis à rude épreuve l’activité économique, mais dans une région géographique donnée. Cette fois, l’asphyxie est mondiale. Certes, les gouvernements n’ont cessé d’intensifier leurs mesures de soutien et les marchés paraissent proches de la capitulation. Une inflexion du nombre de nouvelles contaminations en Europe et aux Etats- Unis reste toutefois la condition majeure pour la stabilisation des indices. »

Fernando Martins da Silva, Stratégiste financier de la Banque Cantonale Vaudoise

Le point d’entrée sur les marchés n’est probablement pas encore arrivé. C’est trop tôt pour faire des moyennes. Il en est de même pour un redressement durable. Nous voyons deux échéances déterminantes : le pic des contaminations en Europe attendu pour avril et celui qui sera déterminant aux Etats-Unis, probablement en mai. Il est utile de rappeler que les marchés financiers agissent par anticipation. Si la baisse actuelle anticipe une probable récession mondiale à partir du second semestre 2020, il n’est pas certain que le pire des contaminations à venir se reflète dans les cours boursiers. Néanmoins, c’est juste avant l’aube que la nuit est la plus noire. C’est quand nous aurons capitulé sous le poids de la sinistrose que les marchés financiers se reprendront fortement et durablement.

Sans aucun doute, pour l’heure, les priorités sont :

1) Rester en santé ;
2) Ne pas paniquer ;
3) Réviser et gérer ses besoins en liquidités.

Un sursis…

Tout le système économique semble être suspendu à un fil. Le Vix, l’indice de la peur et de la volatilité est au plus haut. L’économie mondiale a encaissé un coup d’une rare violence. La situation n’est pas sans rappeler un tremblement de terre majeur. Hors dans ce cas, la répétition de secousses persiste. Après ce premier tsunami du mois de mars 2020, l’heure n’est pas encore à la normalisation. Toutefois, celle-ci viendra. Les moyens colossaux annoncés par les Etats concernés comme par les principales Banques centrales vont amortir le « choc Coronavirus » dans l’espace comme dans le temps.

« On ignore la capacité de récupération des marchés »

C’est sous cet angle, que s’exprimait Jean-Pierre Roth, la semaine dernière dans les lignes du quotidien « Le Temps ». L’ancien président de la direction générale de la Banque nationale suisse (BNS), âgé de 73 ans, qui a traversé son lot de crises économiques et financières, le rappelle : « On se laisse impressionner par une chute des cours de quelques jours, mais on ignore la formidable capacité de récupération des marchés. La production économique s’est fortement ralentie cet hiver, mais les capacités de production sont demeurées intactes et prêtes à profiter d’une reprise ultérieure. »

Gestion des portefeuilles et gestion des risques

Une nouvelle fois, le compartiment obligataire est décevant. En plus de ne rien rapporter, il n’a pas stabilisé les portefeuilles. Il a accru la contreperformance globale. De plus, dans un environnement de taux d’intérêts « zéro » et même négatifs on se trouve confronté à une réelle trappe à liquidités. Les institutions de prévoyance ont souffert, au même titre que les privés.

Dans le domaine des placements structurés à barrière de protection, nous confirmons notre choix, pris le lendemain du vote surprise du Brexit du 23 juin 2016, de privilégier les barrières de type européennes. Ce qui nous permet de réduire considérablement le risque. Puisque ce n’est que le jour de l’échéance du placement que se fait l’évaluation. Celle-ci déterminant le remboursement au pair ou en actions. Nous notons que ces placements sont, aujourd’hui, fortement décotés. Un indicateur de plus que nous avons traversé une phase panique de vente.

Pour ce qui est du risque bilan, les établissements bancaires de premier ordre avec lesquels nous travaillons ne présentent aucun risque significatif au bilan. Les comptes courants comme les comptes d’épargne de nos clients sont sûrs.

Nous recommandons d’éviter les secteurs de l’automobile ; du secteur aérien et du transport ; du tourisme et des parcs de loisirs ; de l’industrie pétrolière.

Une question de solidarité !

Entre les sociétés de jeunesse de la région qui vont faire les achats pour les aînés de 65 ans et plus et les gestes de générosité et de bon voisinage qui sont relevés quotidiennement, tant par les médias que dans notre entourage, on se réjouit de retrouver du lien social dans un système qui était axé sur le matériel, la performance et les apparences. Certes la situation est grave. Contrairement à la grande crise financière de 2008, ce ne sont plus les institutions financières qui sont en danger de mort mais bien les personnes. Nos proches, nos connaissances ou encore nous-mêmes.
Aussi, il est souhaitable que cette posture civique demeure dans « le monde d’après. » C’est-à-dire, lors de la phase de normalisation. Si la majorité des grandes entreprises et autres multinationales survivront au Coronavirus, cela sera beaucoup plus difficile pour nos PME/PMI et indépendants qui constituent la colonne vertébrale de notre économie. La compensation étatique des réductions de taux de travail et l’indemnisation qui vient d’être légiférée au profit des entrepreneurs et patrons salariés de leurs SA ou Sàrl soit 2600 francs par mois et selon certaines conditions ne suffiront pas à éviter une quantité significative de faillites. Il est question de notre tissu économique. Autant dire qu’il s’agira de consommer local. C’est aussi cela la solidarité.

Avec nos messages les plus dévoués, Meylan Finance, Lausanne

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