On reparle de la dette américaine

La secrétaire américaine au Trésor Janet Yellen a plaidé pour que le Congrès relève le plafond de la dette au risque de provoquer « une crise financière historique. »

Dans un éditorial publié dans le quotidien « Wall Street Journal », Janet Yellen rappelle que les États-Unis n’ont jamais fait défaut : « Cela précipiterait probablement une crise financière historique […]. Le défaut pourrait déclencher une flambée des taux d’intérêt, une chute brutale des cours des actions et d’autres troubles financiers », écrit la ministre des Finances de Joe Biden.

Le plafond de la dette, que seul le Congrès a la prérogative de relever, est entré en vigueur le 1er août. Il interdit aux Etats-Unis d’émettre de nouveaux emprunts pour se financer si la limite actuelle de 28’400 milliards de dollars n’est pas rehaussée.

Ce relèvement fait régulièrement l’objet de bras de fer politiques au Congrès. Depuis les années 1960, le plafond de la dette a été relevé ou suspendu jusqu’à 80 reprises…

Cette fois, les services du Trésor ont indiqué que les Etats-Unis seraient à court d’argent déjà courant octobre.

Pour l’heure, ce « non évènement » n’a pas l’air de stresser les analystes financiers. Ils n’en parlent que très peu. Même si la secrétaire au Trésor alerte sur le fait que si la capacité d’emprunt des Etats-Unis, afin de pouvoir honorer ses échéances, n’était pas relevée, en quelques jours, des millions d’Américains seraient à court de cash […]. Près de 50 millions de personnes âgées ne recevraient plus leurs chèques de retraite. Les soldats ne seraient plus payés.

Il est, toutefois, utile de rappeler l’épisode de 2011 qui a conduit l’Amérique au bord de la crise, sous l’administration Obama. L’impasse politique au Congrès avait conduit l’agence de notation Standard and Poor’s à retirer la note AAA à la dette américaine, provoquant une onde de choc sur les marchés financiers.

Toutefois, l’équilibre actuel des forces à Washington soutient un énième relèvement du plafond de la dette. Sans empêcher de questionner sur la finalité de cette fuite en avant qui dure maintenant depuis plus d’un demi-siècle.

Bitcoin, l’avenir est incertain…

Le bitcoin n’est pas une monnaie ! Nous ne le répéterons jamais assez. Une devise reflète la santé d’une économie ; ses perspectives ; sa stabilité politique ; une stratégie monétaire ; un ADN et son histoire. Il n’y a rien de tout cela avec le Bitcoin ni avec les cryptomonnaies en général. Par ailleurs, la cryptomonnaie ne peut être comparée à l’Or qui est un métal précieux que l’on trouve en quantité limitée.

Le concept sous-jacent qui est la « Blockchain » est intéressant. Une blockchain ou chaîne de blocs est une technologie de stockage et de transmission de données sans organe de contrôle. Sécurisées par cryptographie, les informations échangées sont protégées contre la falsification.

Si cette technologie tend à se développer, le bitcoin en tant que tel est purement spéculatif. C’est un actif qui se négocie tant qu’il y a des acheteurs et des vendeurs. Son prix ne repose sur aucune valeur intrinsèque. Les collections de timbres, les meubles anciens, l’art contemporain ou les voitures de collection sont aussi des actifs qui s’échangent, tant qu’il y a un marché (offre et demande). On comprend alors mieux la position de la Chine qui juge illégale toutes les transactions en cryptomonnaies. Le 24 septembre dernier, la Banque centrale chinoise a jugé que toutes les transactions financières impliquant des cryptomonnaies étaient désormais illégales. « Au cours des dernières années, le commerce et la spéculation autour du bitcoin et d’autres « monnaies » virtuelles se sont généralisés, perturbant l’ordre économique et financier, donnant lieu à du blanchiment d’argent, des collectes de fonds illégales, de la fraude, des systèmes pyramidaux et d’autres activités illégales et criminelles. » dénonce la banque.

En juin dernier, les autorités chinoises avaient fait part de l’interpellation d’un millier de personnes soupçonnées d’avoir utilisé des ressources tirées du crime organisé pour acheter des cryptomonnaies. En plus, Pékin essaye également de limiter l’activité des « mines », ces infrastructures essentielles au fonctionnement du réseau de la monnaie décentralisée, mais très énergivores, alors que les prix de l’électricité gonflent à travers le monde. Avec les mêmes arguments, Elon Musk de Tesla avait déjà sonné le glas du bitcoin. Le constructeur automobile annonçant ne plus accepter le bitcoin. De son côté, Gary Gensler, responsable de la SEC – le gendarme des marchés, est aussi en faveur d’un durcissement à l’encontre de la cryptomonnaie.

Positionnement Automne 2021

« Augmentation de la volatilité…»

Chers Clients, Chers Partenaires et Chers Lecteurs,

Quelques nuages s’amoncèlent, avec la fin des rachats d’actifs par la Banque centrale européenne (BCE). C’est-à-dire la fin des principales mesures de soutien aux places financières. Evergrande, le géant chinois de l’immobilier qui est au bord de la faillite. L’inconnue de l’exposition des grandes banques.

 Une perte de directionnel des marchés. Un contexte où les surprises économiques mondiales se sont dégradées et appellent à des révisions à la baisse de la croissance du PIB et des bénéfices par action (BPA). On y ajoute un nouveau blocage sur le plafond de la dette américaine et nous obtenons un temps d’autonome… gris et rafraichi. Néanmoins, la volatilité offre des opportunités.

Pour compléter les portefeuilles avec des sociétés solides qui bénéficient d’une forte position concurrentielle et d’un bon bilan. On sera exigeant sur les prix d’achat. On reste à l’écart de l’obligataire.

Positionnement Eté 2021

Lettre d’information de Meylan Finance Sàrl

Ce début d’été, un retour à la réalité s’est imposé sur les marchés boursiers : le 100ème anniversaire du Parti communiste chinois et la raison d’Etat. Dans l’empire du milieu, l’état (le parti unique) a toujours raison. Le capitalisme doit servir la collectivité et non le contraire. La « dictature » chinoise sanctionne régulièrement les tricheurs et autres profiteurs. Ces dernières semaines, ce sont les EdTech qui en ont fait les frais.

L’année pandémique 2020 qui fut à la fois tragique pour beaucoup et une véritable aubaine financière pour d’autres doit paraître bien lointaine pour les entreprises chinoises actives dans l’instruction privée et les services de tutorat parascolaire. Un secteur, pesant plus de 120 milliards de dollars. Par exemple, le numéro deux du secteur TAL Education – voir graphique – a vu son cours dégringoler depuis son plus haut de 90 dollars à 4,03 dollars! Ces concurrents sinophones traversent la même galère.

Que s’est-il passé ?

Le régulateur chinois vient d’amender quinze sociétés du tutorat privé. Pour l’instant, ce n’est pas le cumul des amendes qui se limite à quelques millions de dollars qui fait souci mais plutôt les perspectives du secteur.

Parmi elles : Yuanfudao (soutenue par Tencent), Zuoyebang (soutenue par Alibaba), et New Oriental Education, TAL Education Group, OneSmart Education, Beststudy Education et Scholar Education.

Ces entreprises sont accusées d’avoir falsifié les diplômes des enseignants, la qualification et l’expérience du corps enseignant… surtout de débaucher les meilleurs professeurs de l’école publique.

Avec le risque de créer un système à deux vitesses en Chine. Et cela est inacceptable pour la doctrine de l’unique parti politique du pays.

On reproche également aux « bannis » des cas de publicité mensongère et, une fois de plus, d’avoir eu la main lourde sur la facturation. Profitant des confinements et de la nécessité de maintenir à distance son niveau d’enseignement.

Des banques comme Crédit Suisse et Morgan Stanley, après avoir recommandé ce secteur, encouragent à présent de s’en éloigner. Le pire est peut-être à venir. Pékin s’apprête à dévoiler d’autres mesures. Elles risquent d’être plus dures que prévu.

Dans une note, Goldman Sachs a indiqué qu’il réduirait de près de 80 % en moyenne les objectifs de cours de ces sociétés. La banque américaine estime que l’impact de la nouvelle réglementation sur les résultats de ces entreprises s’explique principalement par l’interdiction du soutien scolaire le week- end et pendant les vacances. Une activité qui pèse jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires.

Le président Xi Jinping souhaite un modèle qui privilégie la prospérité commune à une croissance désordonnée. Intéressant et à suivre…

Pour notre part, chez Meylan Finance, nous avons toujours évité tout placement direct en République populaire de Chine (RPC).

C’est un immense marché certes mais qui nécessite une grande diversification avec une présence professionnelle et exceptionnelle sur place.

 

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