Cette semaine, ce sont les valeurs financières (les banques et les assurances) qui se sont fortement appréciées. Après les excès exubérants vécus avec les valeurs technologiques en 2020, l’anticipation d’une normalisation de l’économie incite une rotation de l’attrait des secteurs d’investissements. La récente hausse du pétrole à 70 dollars le baril a aussitôt profité aux sociétés pétrolières. Pour l’illustrer, comparons l’indice américain Nasdaq – le célèbre indice des entreprises technologiques – avec le traditionnel indice français CAC 40. En un mois, le Nasdaq a perdu dix pour cent alors que le CAC 40 s’appréciait de cinq pour cent. Ce différentiel s’explique. L’indice parisien n’est composé que de 7% de sociétés technologiques ; 33% de luxe ; 8% pour les banques et 5% pour les pétrolières…L’année en cours pourrait bien être celle d’une correction justifiée sur les valeurs technologiques qui se sont indécemment enrichies alors que le monde vivait sa pire crise sanitaire depuis la grippe espagnole.

Boussole - Orientation des investissements

Dans ce contexte, il est logique que le président de la Fed (la banque centrale américaine) Jerome Powel ait annoncé le retour de l’inflation. Même si selon l’argentier ce n’est que provisoire. On attend un taux d’intérêt à 2 % pour la fin de l’année sur l’emprunt américain à 10 ans, contre 1.6 % aujourd’hui. En janvier 2020, juste avant la pandémie, nous étions à 1.8 %. 

Boussole - Orientation des investissements

Ce n’est pas inquiétant en soi. La hausse des taux d’intérêts est plutôt justifiée étant donné les perspectives de très forte expansion budgétaire aux Etats-Unis. Ce qu’il s’agit de surveiller c’est la rapidité de ladite hausse. En seulement deux mois, elle fut de 0.7 %.

Eric Vanraes, de la Banque Sturdza : « Si les taux nominaux et réels devaient continuer sur leur lancée, la banque centrale US pourrait utiliser de nouveau sa boîte à outils pour éviter un resserrement trop brutal des conditions financières pour l’économie américaine. Sur les niveaux actuels, toute tension supplémentaire sur les taux longs sera certes dommageable pour les portefeuilles obligataires à duration élevée mais plus encore sur les marchés actions et les valeurs technologiques en particulier. »

Le danger devient concret pour les obligations existantes ; pour l’immobilier et finalement pour les marchés actions quand la hausse des taux d’intérêts est trop forte et/ou trop rapide. Les obligations actuelles en raison de perspectives plus avantageuses sur les futurs emprunts, sont délaissées. L’immobilier corrige en raison de la charge des taux hypothécaires qui augmente d’où une baisse de rendement. Et les marchés actions baissent en raison de la hausse du coût du crédit pour les entreprises. Toutefois, nous sommes d’avis que la phase actuelle correspond à une normalisation plutôt bienvenue. Des taux d’intérêts au planché voire négatifs incitent à des excès tant en matière d’endettement que de bulle spéculative. Pour autant, nous ne négligerons pas le risque latent pour les placements obligataires dans les portefeuilles que nous réduirons. Pour le moins, il s’agit de se positionner sur des échéances courtes.

James Finance contre Docteur Carbone

Christophe Alexandre, CFA - Gérant Meylan Finance

Ingénieur consultant en énergie/climat, père de deux enfants, Jean-Marc Jancovici est issu de la prestigieuse Ecole Polytechnique en France et également diplômé de l’École Nationale Supérieure des Télécommunications de Paris. Son profil est donc à la fois généraliste, scientifique et technique.

Il est l’associé fondateur de Carbone 4, le premier cabinet de conseil spécialisé sur la transition énergétique et l’adaptation au changement climatique. Il a également fondé l’association “The Shift Project“, qui agit sous la forme d’organisation non-gouvernementale qui œuvre en faveur d’une économie libérée de la contrainte carbone en associant des acteurs privés qui veulent faire de la transition énergétique leur priorité stratégique.

Conscient et soucieux des enjeux des bouleversements en cours, il consacre une partie de son temps à alerter sur les questions d’énergie et de changement climatique.

Nous vous présentons ici un compte-rendu de la conférence qu’il a donnée à Genève le 17 septembre dernier à l’initiative du gérant de fonds Atlanticomnium : “James Finance contre Docteur Carbone”.

Investissement ESG (environnement, social et gouvernance)

Paradoxalement, M. Jancovici estime que le problème de l’empreinte carbone ne pourra pas être traitée correctement tant qu’elle sera intégrée à l’investissement ESG (environnement, social et gouvernance). En effet cet aspect de la question est si fondamental, si global et si décisif en soi que ne le traiter uniquement comme une composante parmi d’autres ne fait que noyer le poisson.

Il souligne l’écart monstrueux entre la réalité du problème et celle des moyens : toutes les évolutions et initiatives prises jusqu’à présent n’ont montré, au mieux, qu’une efficacité marginale. Qu’il s’agisse de l’émergence des énergies non renouvelables (ENR), de celle de

la numérisation, de celle de la tertiarisation, on n’en constate pas la traduction en une inflexion quelconque de la courbe qui indique une augmentation vertigineuse des gaz à effets de serre, qui agissent comme opacifiant à l’évacuation de l’énergie de la surface planétaire sous forme de rayonnement infrarouge.

Un problème insoluble ?

Si le premier gaz à effet de serre par ordre d’importance est la vapeur d’eau, sur laquelle nous n’avons pas d’influence, le second est le dioxyde de carbone (CO2), au sujet duquel notre responsabilité est clairement établie et mesurable.

Le CO2 étant malheureusement un composé extrêmement stable, il ne fait que s’accumuler dans l’atmosphère et cela a pour conséquence dramatique l’irréversibilité des modifications climatiques : l’humanité ne connaîtra donc plus jamais les conditions climatiques des siècles passés.

Ce qui nous attend est donc également parfaitement défini et reconnu : une augmentation de l’instabilité climatique, dans le sens où désormais la dérive climatique est une donnée structurelle de notre le monde, en contraste marqué avec la période de climat remarquablement stable qui avait suivi la fin de la dernière glaciation et qui a permis à nos sociétés de se sédentariser en adaptant au climat local leur agriculture, leur architecture et leur mode de vie de manière générale.

La particularité qui rend ce problème si difficile à résoudre est son échelle de temps extrêmement longue : il dépasse plusieurs vies alors que les instances dont la société dispose sur le plan politique et économique ne gouvernent qu’à un horizon de temps de quelques années.

L’augmentation de la concentration des gaz à effet de serre dans l’atmosphère a pour effet d’augmenter la température d’équilibre au sol.

A l’heure actuelle la température a augmenté de 1°C, et cette augmentation se traduit déjà par des bouleversements importants, notamment par des incendies de forêt spectaculaires détruisant des centaines de millions d’hectares récemment en Australie, en Sibérie et en Californie.

Il est très important à ce stade de noter que quoi qu’il advienne en termes de décision politique, le scénario des vingt prochaines années est déjà écrit. L’inertie du système est telle que ce qu’il adviendra ces prochaines années n’est pas contrôlable. Il est donc nécessaire d’admettre qu’il existe un décalage de vingt ans entre les décisions que nous prendrons aujourd’hui et leur éventuel effet.

Il ne faut pas se méprendre sur l’influence de l’augmentation de la température moyenne de 1°C … On pourrait en effet mettre cela en relation avec les variations quotidiennes d’une dizaine de degrés que nous connaissons habituellement. Afin d’illustrer à quel point cette interprétation est erronée on peut se souvenir que l’augmentation de température en Europe sur les 10’000 dernières années a été de 5°C, et que cette différence fait qu’à l’époque le continent était essentiellement recouvert d’une épaisse couche de glace, avec un climat beaucoup plus froid et sec et une végétation et une faune sans aucune comparaison avec celle que nous connaissons actuellement.

Une augmentation de la température moyenne de 4°C provoquerait donc des conséquences dramatiques : certaines régions du globe autour de la ceinture équatoriale, actuellement très densément peuplées, ne permettraient plus la survie et le chaos total régnait en raison des migrations et guerres que cela entraînerait nécessairement.

Une autre erreur relativement répandue est de raisonner en termes linéaires : croire qu’une augmentation de 2°C serait deux fois plus grave qu’une augmentation de 1°C est faux. On peut penser à une personne qui souffrirait d’une fièvre avec une température de 39°C en comparaison à une autre qui aurait 38°C.

Les effets du réchauffement sont bien évidemment aussi multiples que catastrophiques. Ils se feront également sentir dans les régions polaires : la calotte glaciaire du Groenland est appelée à disparaître. L’absorption par les océans du CO2 provoque son acidification, ce qui rendra plus difficile la synthèse du calcaire par tous les micro-organismes qui en ont besoin et qui se situent en début de chaîne alimentaire. Leur disparition se transmettra donc inévitablement le long de cette chaîne, à l’autre bout de laquelle nous sommes nous-mêmes situés. En réalité les difficultés sont si nombreuses et si fondamentales que la science n’est même pas en mesure de faire un tableau prédictif complet des risques que nous encourons.

Les perspectives sont si sombres qu’il n’est pas vraiment nécessaire d’aller plus loin dans l’investigation.

Alors, que faire ?

Le premier point d’achoppement lorsque l’on essaie d’esquisser une solution est que notre niveau de vie est directement lié à notre niveau de production de CO2.

Or si l’on souhaite limiter l’élévation de la température, le “budget carbone” à disposition de l’humanité est fortement limité.

Les énergies non fossiles, telles que l’éolien, représentent-elles une solution ? Le fait est qu’à l’heure actuelle celles-ci ne représentent qu’une fraction infime de la consommation d’énergie, et il semble hélas impossible qu’elles deviennent un jour notre source d’approvisionnement principale.

Donc régler le problème du changement climatique sans diminuer massivement la quantité d’énergie qu’on utilise est impossible, et de surcroît la diminution doit être si conséquente qu’elle ne permet pas d’assurer la survie des milliards d’êtres humains que nous sommes sur cette terre.

La consommation de pétrole demeure donc le facteur déterminant de notre richesse. Il est à noter que les experts de l’IEA (International Energy Agency) ont pu déterminer que le pic de production de pétrole conventionnel a été atteint en 2008, et il faut donc s’attendre à une période de contraction structurelle durable de nos économies.

Étant donnée la situation critique où nous nous trouvons et qui nous amènera apparemment inévitablement à y perdre quoi qu’il arrive, il est pertinent d’évoquer l’option du nucléaire qui représente actuellement 10% de la production mondiale, afin de substituer la part du charbon, qui représente encore 40% de la production.

Nous nous trouvons donc à une forme de croisée des chemins : nous devons naviguer entre la baisse volontaire de notre consommation, et donc de notre richesse, et la baisse de consommation imposée par notre environnement. Afin de prendre ce problème au sérieux, il ne suffit pas de montrer patte blanche en exhibant quelques initiatives “vertes” afin de se dédouaner. Il est nécessaire qu’à tous les niveaux chaque acteur tienne une comptabilité physique globale de son empreinte carbone afin de s’assurer qu’il respecte bien un objectif de 4% de réduction annuelle d’émission, condition nécessaire pour nous donner collectivement une chance de survivre.

Sur les crypto monnaies, nous ne sommes ni chauds ni froids. Il y a trois ans, nous avions appelé à la prudence, par le biais d’une analyse de Christophe Alexandre. Pour les gens intéressés, nous suggérons de contacter directement la banque en ligne Swissquote à Gland qui semble bénéficier de l’expertise requise. C’est une thématique qui est généralement classée à haut risque. De notre côté, la banque privée zurichoise Julius Baer, qui est également l’une de nos banques dépositaires, offre un accès direct à ce marché. Néanmoins, nous renouvelons notre appel à la prudence vis-à-vis d’acteurs ayant pignon sur rue à Chypre ou sous d’autres latitudes aux « régulations » très aléatoires.

Utilisant des publicités notamment sur les réseaux sociaux et employant des « faux » Jean-Pierre Pernaut et Jean- Jacques Goldman ou même un « vrai » Darius Rochebin, la mise de départ est modeste. Par exemple, quelques 300 francs. Vous gagnez dès les premières transactions. Vous augmentez votre mise jusqu’au moment où vous perdez tout. Les gains que vous pensiez faire ne sont que fictifs. Ce n’est que le « produit » d’une structure pyramidale. On appelle cela le jeu de l’avion (système de Ponzi). Les pertes quant à elle sont bien réelles.

En cas de doute, nous contacter.

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