Positionnement Octobre 2020

Lettre d’information de Meylan Finance

« Nous sommes ancrés dans un mouvement de rupture »

Chers Clients, Chers Partenaires et Chers Lecteurs,

La discrimination des secteurs d’activités persiste

L’aéroport international de Genève ne fonctionne qu’à 20 % de ses capacités. En septembre, soit huit mois aprèsl’apparition de la COVID-19 sur le continent. Des pans entiers de l’économie

dite « réelle » survivent grâce aux perfusions étatiques. Israël vient de se reconfiner pour trois semaines. Le Premierministre Boris Johnson n’écarte pas un second confinement pour le Royaume-Uni. Le discours prudent des banquiers centraux face à la persistance de la crise sanitaire et à la nécessité de maintenir les stimuli monétaires pour une période indéterminée invite à la prudence. Dans ce contexte, sous réserve de nouveaux confinements, nous ne trouvons pas d’attrait à acquérir de l’or à 1950 dollars l’once…

Nous prenons peu à peu pieds dans une nouvelle normalité. Le métal jaune, par analogie au football, se révèle être un bon attaquant – situation d’hyper inflation – ou un bon défenseur – crise mondiale majeure. Dans une posture de milieu de terrain, il est ennuyeux, il ne rapporte rien et il coûte. Entrées en récession, nos économies développées semblent contenir la crise sanitaire.

Les analystes de la Banque Edmond de Rothschild, par le biais de leur publication « Flasch Marchés » du 11 septembre, annoncent un début de rotation des secteurs. C’est-à-dire, un nouvel intérêt pour des actions d’entreprises plus traditionnelles que celles du toutnumérique. Nous estimons qu’il est encore trop tôt pour se réjouir sur ce plan. Même si la superformance de la technologie semble justifiée cette année, la crise sanitaire ayant renforcé la transition digitale de l’économie, la thématique a aussi été portée par l’engouement d’un effet de mode – que nous ne voyons pas se reporter vers des industries plus classiques. L’élection présidentielle du 3 novembre, aux Etats-Unis, risque de marquer le retour à une autre réalité. Tôt ou tard, la fin de la récréation sonnera pour les spéculateurs du tout numérique. Nous le verrons plus loin, nous avons aussi affaire à un monde d’illusions. Le maître mot, en ces temps très compliqués, est la discipline. Vu ce qui précède, nous privilégions de solides positions en liquidités. Pour l’instant, nous ne renouvelons pas systématiquement les échéances. Nous ne prenons de nouvelles expositions sur les marchés actions que lors de séances boursières sensiblement baissières.

SPAC, Nikola et nouvelles débâcles financières à l’horizon…

Les SPAC sont des coquilles vides cotées en bourse. Elles ont levé une quarantaine de milliards de dollars en bourse, rien

qu’en 2020. En promettant d’acquérir une vraie entreprise avec une activité commerciale propre. Nikola, Virgin Galactic ou DraftKings ont profité de cet engouement irrationnel qui semble porter les valeurs technologiques jusqu’à la lune. C’est la dernière folie de Wall Street. Elle s’appuie sur les modes ; sur le recours massif à la planche à billets et sur l’aléa moral de croire que l’Etat sera toujours là, avec l’argent du contribuable, pour soutenir les marchés. Les «Special Purpose Acquisition Companies» sont des coquilles vides qui offrent un accès rapide à une cotation. Avec moins de contraintes qu’une introduction en bourse classique.

Le succès – plutôt, devrait-on dire la bulle – des SPAC illustre la volonté de quelques spéculateurs et autres affabulateurs de tirer profit de la fièvre pour les actions technologiques. On comprend alors l’appellation française de «Sociétés de chèques en blanc» pour les SPAC.

On imagine aisément le retour sur investissement de telles coquilles vides si le bluff ne produit pas les effets escomptés dans de brefs délais. En investissant dans l’une d’elles, le boursicoteur se fie à l’instigateur du SPAC et à ses projets. Par exemple, Richard Branson, l’entrepreneur à la tête du conglomérat Virgin, cherche à lever 400 millions de dollars à travers un SPAC pour financer de nouveaux projets dans le secteur des voyages, ou dans les services financiers, les médias, la musique ou les énergies renouvelables.

L’an dernier, il avait déjà eu recours à un SPAC pour introduire en bourse sa filiale qui n’a pas encore gagné un seul dollar Virgin Galactic, « secteur » du voyage galactique. L’affaire du moment, qui défraie la chronique, est Nikola le concepteur de pickups et de poids lourds censés rouler à l’hydrogène. La société Nikola qui fêtera son sixième anniversaire au mois de novembre est l’une des plus en vue à Wall Street. Cet été, elle est entrée en bourse pour rapidement peser une capitalisation boursière de plus de 30 milliards de dollars… sans avoir généré de bénéfice de son activité déclarée. C’est peu dire. L’entreprise n’a pas commercialisé un seul véhicule.

Pourtant, l’idée peut paraître sympathique. Nikola estime que la voiture du futur ne roulera pas grâce à une batterie électrique, à contrario de la vision du constructeur Tesla, mais qu’elle sera alimentée à l’hydrogène. Seulement voilà, la société présentait un prototype de son poids lourd hydroélectrique Nikola One, courant de l’année 2018, roulant au milieu d’un désert et tractant sa semi-remorque. « Il s’est avéré que le camion ne se déplaçait en réalité pas par ses propres moyens, mais qu’il dévalait la pente d’une colline sous le seul effet de la force de la gravité.» commente le rapport d’investigation de Hindenburg Research. Ce document richement illustré d’une centaine de pages que votre serviteur a parcouru décrit les promesses, les mensonges, les manipulations et le marketing qui ont permis l’illusion de l’existence d’une entreprise possédant sa propre technologie avant-gardiste et qui en définitive est vide comme les abysses.

La start-up a désormais deux enquêtes sur le dos, la première lancée par la SEC, le gendarme de la bourse. L’autre est conduite par le Département américain de la justice. De combien d’autres « Nikola » est composée la bourse électronique du Nasdaq qui bat record après record avec l’argent du contribuable destiné initialement à survivre à la crise de la COVID-19? La question est posée. En Europe, on estime que les mesures gouvernementales de soutien et de relance destinées à l’économie réelle et aux ménages génèrent de nouvelles dettes publiques à hauteur de 20% de nos PIB respectifs. Dettes que quelqu’un devra rembourser.

Retour de la thématique des fusions et acquisitions (M & A)*

*M&A = acronyme pour Mergers and Acquisitions

Les rumeurs entourant le possible rapprochement des deux grandes banques UBS et CS Group nous rappellent que la thématique des fusions et acquisitions retrouve un terrain fertile. L’accès aisé à l’endettement ; des capitalisations boursières dévaluées ; des besoins de synergies ; le besoin de générer des économies et les défis provoqués par les « mastodontes » chinois sont autant d’éléments propices à l’élan des fusions.

Même avec le rapprochement avorté entre LVMH et Tiffany, le mouvement semble bien lancé. En Espagne, la grande banque catalane CaixaBank est sur le point d’absorber la madrilène Bankia. Pour en faire l’un des plus grands établissements financiers du continent. Dans le domaine des services aux collectivités, Veolia persiste à acquérir son concurrent Suez.

Toujours en France, Alstom rachète le canadien Bombardier Transport. Cette acquisition donne naissance au deuxième constructeur mondial de trains. Certes loin derrière le premier du secteur qui est le chinois CRRC. Or, en moyenne, une entreprise rachetée s’apprécie de quelques 30 % en bourse. Détenir en portefeuille une à deux sociétés identifiées comme « fiancées » palpables n’est pas dénué d’intérêt. La constellation du luxe a également soif de grands mariages.

L’entreprise familiale allemande Hugo Boss qui fabrique un complet sur six vendus dans le monde – bien présente en Chine – et dont la capitalisation boursière s’est effondrée est une candidate idéale.

Perspectives et positionnement

Nous gardons un biais attentiste et préférons les liquidités tant que l’ajustement des marchés boursiers sur l’économie réelle n’aura pas été consolidé. Au cas par cas, nous saisirons les opportunités en privilégiant un horizon à long terme et l’observation d’une marge de sécurité à la baisse substantielle.

Boussole - Orientation des investissements

Le pic du chômage, en Suisse, est attendu pour le milieu de l’année prochaine (Source : Olivier Adler, chef économiste de Crédit Suisse, revue « Moniteur Suisse » pour le troisième trimestre.)

« Nous maintenons un positionnement neutre en actions et n’anticipons pas de correction majeure sur l’ensemble des marchés » Fernando Martins da Silva, directeur du Département de la Politique d’investissement de la BCV, « Coupd’œil », semaine du 14 septembre.

Pour notre part, nous n’excluons pas une prochaine correction sur les marchés boursiers et nous validons l’absence de visibilité jusqu’au début de l’année 2022. Nous nous tenons à l’écart des banques dont les bilans vont être affaiblis par les faillites d’entreprises à venir. A l’issue d’un durcissement des conditions des aides étatiques.

La tâche est de trouver des opportunités dans un monde où la demande est faible et les prix stables.

« Comme le cycle n’aidera pas vraiment, les meilleurs rendements iront à ceux qui sauront naviguer dans les tendances séculaires que la pandémie a pu accélérer. » Christopher Smart, analyste chez Barings.

Nous pensons à des entreprises saines dans des secteurs durement frappés par la COVID-19. A l’instar de la compagnie easyJet qui devrait sortir renforcée de la crise ou Booking qui en plus de sa position de leader, n’a pas de dette.

Les secteurs que nous privilégions sont les infrastructures stratégiques telles que la téléphonie ; des entreprises comme Vinci, Implenia, LafargeHolcim, Schindler ; le secteur du ferroviaire qui va être plébiscité au détriment du transport aérien pour les distances inférieures à 500 voire à 1000 km; les leaders de la consommation durable et non durable bénéficiant d’une position indiscutable tels que Emmi ou Geberit ; les secteurs liés à l’oncologie et à la lutte contre le diabète et l’hypertension ; la distribution et le traitement de l’eau; les producteurs de contenus cinématographiques tels que Walt Disney et Netflix.

François Meylan

Information : info@meylan-finance.ch

Positionnement Septembre 2020

La COVID-19 s’est durablement installée parmi nous, le cas de la Suède…

« Souvent évoquée, la solution suédoise n’est pas la panacée.»

La résurgence du Coronavirus nous enseigne que le virus ne nous a pas quittés, durant la période estivale. Il n’est pas même question de deuxième vague. On entend, chaque jour, tout et son contraire. Il nous apparaît plus sage de suivre les directives des autorités compétentes que de suivre les sirènes des anti-masques ou des adeptes des théories du complot en tout genre. La situation est nouvelle pour tout le monde. Il est normal que nos autorités sanitaires et politiques avancent à tatons. Sur le plan économique, la situation a changé. Puisqu’il n’est plus question d’un nouveau confinement général ni d’un semi- confinement (cas suisse). Les confinements sont, à présent, locaux et circonscrits. La responsabilité individuelle est engagée. La liste de la quarantaine obligatoire pour les Etats et les territoires adoptée par l’Office fédéral de la santé publique OFSP devient la norme. C’est le cas en Belgique et en Allemagne. Les mouvements transfrontaliers se réduisent drastiquement. Cette façon de faire si elle a l’avantage de cibler les personnes dites à risque ne manque pas d’avoir un impact négatif sur l’industrie du tourisme et du transport aérien. Domaines d’activités dont nous recommandons de rester à l’écart.

 

Qu’en est-il de la Suède ? Le pays des vikings qui n’a ni confiné ni prescrit le port du masque. La Suède a souffert de beaucoup plus de décès que ses voisins scandinaves. Et sur le plan économique elle ne s’en sort pas mieux. Elle est aussi entrée en récession. Plus inquiétant, les autorités sanitaires suédoises n’ont pas l’intention de se remettre en question. Comme l’a rapporté cette semaine la RTS, les directives suédoises sont de ne pas donner de respirateur aux patients âgés de 80 ans et plus et/ou sujets à des maladies telles que le diabète et l’hypertension. 

Des défunts se sont vus refuser le respirateur déjà à partir de l’âge de 70 ans. D’où la réprobation d’une partie des Suédois qui affirment que de nombreux décès sont des morts politiques. C’est-à-dire du système. Un système qui aurait laissé mourir les gens les plus vulnérables et surtout qui « coûtent » le plus à la société. Nous sommes en plein débat sur la solidarité intergénérationnelle. Pourtant, les exemples qui démontrent comment les 3ème et 4ème âges ont soutenu l’économie sont légion. Ce fut le cas en Espagne où les enfants et les petits enfants ont été hébergés et nourris par les grands- parents, lors de la grande crise immobilière et financière de 2009-2012.

L’eau est une thématique incontournable

Depuis les années 1980, la consommation mondiale d’eau augmente d’environ 1% par an. Ce rythme devrait se poursuivre jusqu’en 2050. Ce qui représente une hausse de près de 30%. Rappelons que la quantité d’eau douce sur le globe n’est que de 3 % et que celle-ci est très mal répartie. Par ailleurs, le changement climatique ne fait qu’aggraver la situation.Les cycles hydrologiques sont perturbés. L’impact est négatif sur les précipitations et l’évaporation. Les sécheresses prolongées et la progression de la désertification auront des effets sur l’augmentation des flux migratoires. On parle déjà de « réfugiés climatiques. »

 

La sécurité alimentaire dépend de l’irrigation. La rareté de l’eau est une menace pour les moyens de subsistance. Dans le même temps, la croissance de la classe moyenne en Chine engendre plus de consommation de produits carnés et de surcroît un besoin d’eau accru.

Quant aux zones de désertification celles- ci se dessinent dans le sud de la Chine, en Australie, dans la partie sud des États- Unis, au Moyen-Orient et dans les régions méditerranéennes.

L’efficience de la gestion de l’eau est à chercher au niveau de la distribution aux collectivités et au niveau de l’optimisation individuelle. Dans cette constellation, des entreprises comme Suez et Geberit ont notre préférence. La première offre un dividende confortable et une large diversification de ses activités tant sur le plan sectoriel que géographique. Quant au fleuron helvétique Geberit sa renommée de leader est solidement ancrée. Pour autant, son cours boursier actuel n’offre plus une marge de sécurité suffisante.

Warren Buffett, âgé de 90 ans, demeure une référence à suivre !

Les médias ont affirmé, à tort, que Warren Buffett avait acheté de l’or. Le célèbre investisseur a toujours pesté contre le métal jaune qui pour lui ne rapporte rien. Il a investi un peu plus de 500 millions de dollars dans la société aurifaire canadienne Barrick Gold.

 

Ce n’est pas la même chose que d’acquérir directement le métal précieux. Son placement qui représente moins de 0,3% de son portefeuille est en actions. Pour autant, les signaux qu’il émet sont à observer avec intérêt. Il a soldé, au pire du krach passé et avec grands fracas – encaissant même une perte nette de plus de 50 milliards de dollars, toutes ses actions dans les compagnies aériennes.

Il a récemment réduit pour 12 milliards de dollars son exposition aux banques. Il a soldé sa position dans Goldman Sachs. Il a seulement augmenté sa participation dans Bank of America. Surtout, nous constatons que les liquidités de sa société d’investissements Berkshire Hathaway ont progressé, sur six mois, de 125 à 142 milliards de dollars. Buffett est attentiste !

Les infrastructures et la téléphonie en particulier ont notre préférence

Avec la participation de Tobias Keienburg de la Banque cantonale de Lucerne

Les réseaux des entreprises de télécommunications sont actuellement particulièrement utilisés en raison de la situation sanitaire. Avec un soutien important des gouvernements pour la mise en œuvre de leçons en ligne et d’autres initiatives de numérisation, le secteur assume davantage de responsabilités dans l’expansion réussie des capacités à large bande. (…) Les restrictions de sortie et autres mesures de distanciation sociale, que presque tous les pays européens ont introduites en réponse à la crise, ont également servi d’accélérateur à la numérisation.

Les entreprises investissent de plus en plus dans l’infrastructure nécessaire afin de permettre à leurs employés de travailler à domicile. Dans le même temps, les préférences des consommateurs évoluent. Dans les enquêtes actuelles, une majorité des personnes interrogées déclarent qu’elles sont satisfaites du bureau à domicile et qu’elles souhaitent travailler à domicile au moins un jour par semaine, même après la crise de la COVID-19.

Le rôle d’Internet en tant qu’infrastructure critique devient actuellement plus évident que jamais. (…) Malgré la crise du coronavirus, Deutsche Telekom a gagné plus d’argent. Le résultat net du premier trimestre a augmenté de près de 2% à 916 millions d’euros par rapport à l’année précédente. Le groupe a augmenté son chiffre d’affaires de 2,3% à 19,9 milliards d’euros.

Les revenus de roaming ont diminué en raison de la forte baisse des voyages. Cependant, il existe d’autres domaines qui sont en plein essor et qui peuvent compenser les segments en proie à la crise. La demande de services de téléphonie fixe a fortement progressé pendant la crise. Environ 76% d’appels en plus ont été passés et 18% de données supplémentaires ont été utilisées sur le réseau fixe. Cela a conduit à environ un tiers de revenus supplémentaires provenant des connexions de lignes fixes. Près d’un tiers d’appels supplémentaires ont également été effectués dans les communications mobiles de Telekom. (…)

Les résultats du deuxième trimestre d’Orange sont en ligne avec les attentes des analystes. Si la baisse des revenus des frais de roaming a entraîné une baisse de 0,4% des ventes, Orange a pu générer 3% de chiffre d’affaires en plus en France, grâce notamment à une forte activité dans le commerce institutionnel (+ 12%). Orange est également fortement impliquée dans les domaines de la cybersécurité, d'”Internet of Things” et des services cloud, dont la société s’attend à avoir un fort potentiel de croissance.

Le groupe est également en avance sur ses concurrents dans la mise en œuvre des dernières tendances de communication européennes. (…)

Pour permettre une transformation numérique plus rapide en Europe, les régulateurs européens changeront leur vision de la consolidation du marché des télécommunications en autorisant davantage de fusions et d’acquisitions dans le secteur. En tant qu’acteur majeur, Orange pourrait en profiter.

L’importante croissance organique des revenus des services de Vodafone a baissé de 1.3% au premier trimestre à cause de la pandémie, mais moins que prévu. En Europe, les ventes ont diminué de 2,6% sur une base organique, 2,2% de moins qu’au trimestre précédent. Les plus gros impacts venaient d’Espagne et d’Italie. Le Vodacom sud-africain et la région «Autres marchés» ont bien résisté, avec une croissance de respectivement 1,5% et 9,1%.

Les perspectives restent inchangées avec un EBITDA stable mesuré sur une base ajustée de EUR 14,5 milliards et un free cash-flow (avant investissements en radiofréquences mobiles) d’au moins EUR 5,0 milliards. Dans le contexte des bonnes performances d’autres actions dans le domaine des infrastructures mobiles, cela devrait être accueilli positivement.

Le business numérique un modèle d’affaire qui montre ses limites

Comment est-ce possible qu’après seulement deux mois d’immobilisation autant d’entreprises soient en difficultés ? La question est récurrente.

Mobilité

On réalise qu’elles sont nombreuses à opérer à flux tendus, avec peu de réserve. Que les marges dans une multitude de secteurs sont trop basses pour subsister sans des taux de fréquentation et de remplissage maximaux. Cette pandémie nous révèle aussi la faiblesse du service après-vente du business numérique. Réserver en ligne s’avère bien pratique. Toutefois quand un problème surgit, on réalise, le plus souvent, que le système n’est pas fait pour réparer ni pour corriger. C’est la croix et la bannière pour atteindre un interlocuteur qui ait une apparence humaine.

Que celui-ci soit dans un call center au Maroc ou ailleurs. Des efforts parfois herculéens sont nécessaires pour se faire entendre. On comprend alors que le service initialement vendu en ligne était trop cher…

Notre stratégie

Nous gardons un biais attentiste et préférons les liquidités tant que l’ajustement des marchés boursiers sur l’économie réelle n’aura pas été consolidé.

Au cas par cas, nous saisirons les opportunités en privilégiant un horizon à long terme et l’observation d’une marge de sécurité à la baisse substantielle.

Boussole - Orientation des investissements

Plus que jamais, la prise en compte des tendances durables du monde de demain est primordiale. Les comportements consuméristes sont grégaires. Pour l’heure, il est indéniable que l’absence d’alternative à l’investissement boursier produit des bulles spéculatives. Le marché est actuellement, dans son ensemble, guidé par l’afflux sans précédent de liquidités venant des banques centrales. Les réelles perspectives bénéficiaires des entreprises à l’ère de la COVID-19 ne paraissent pas être le souci premier des opérateurs.

La forte contraction des dividendes et l’absence de prévisions bénéficiaires en 2020 et en 2021 pour un grand nombre de sociétés renforcent, à nouveau, l’attrait pour des véhicules de placement structurés limités dans le temps bénéficiant d’un coupon élevé – que l’on obtient en cas de résurgence de la volatilité – et conjugués avec une marge confortable en cas de baisse.

Quant à l’insolente santé des valeurs technologiques qui sont les grandes gagnantes de la crise, ces dernières semaines ont servi de piqûre de rappel quant aux risques encourus.

Les dirigeants des quatre géants  technologiques Facebook, Amazon, Apple et Google sont accusés d’abus de position dominante par les parlementaires américains. Pour autant, elles restent très confortables, sans endettement et avec des réserves de liquidités colossales. Le danger viendra plutôt des évolutions technologiques et des modes de consommation. La forte réduction des budgets publicitaires est aussi un risque pour des sociétés comme Facebook et Zoom.

Nous suivons de près, depuis mars dernier, les analyses de l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores : « A l’exception des valeurs technologiques, les marchés d’actions n’ont pas fait grand-chose durant la période estivale. La rentrée s’ouvre par ailleurs sous le signe d’une incertitude sans égale. Entre traumas économique, sanitaire et climatique et banques centrales de plus en plus convaincues de l’insuffisance de leur action, les plafonds de verre qui sont un frein à la hausse semblent de jour en jour plus épais. »

 

François Meylan

Lettre d’information de Meylan Finance – Septembre 2020

Le succès suisse…

« La Suisse est l’une des plus anciennes démocraties, 1er août 1291.»

En ce jour de fête nationale, entrons dans le vif du sujet. Quels sont les ingrédients de la recette du succès suisse. Pays aux 26 cantons qui ont chacun leur police; leur code de procédure pénale; leurs traditions qui cheminent entre plusieurs religions jusqu’à des plats culinaires différents et même entre quatre langues nationales. La Suisse est un modèle du vivre ensemble pour le monde.

Mais comment faire cohabiter 8,4 millions d’âmes aux origines et aux cultures si diverses ? Premièrement, je dirai une fierté d’être suisse. Etre titulaire du passeport à la croix blanche avec tout ce que cela comporte. Mais aussi une grande maturité politique et l’obligation de servir la patrie. Que cela soit par le biais du service militaire ou du service civil. La Suisse avec un tiers d’étrangers est une terre d’accueil.

Un havre de paix offrant un cadre éducatif et un environnement structurel dans lesquels nombre d’immigrés se sont émancipés et épanouis. La Suisse sans les étrangers ne serait pas la Suisse. Et on ne compte plus les parcours éblouissants d’immigrés dans notre pays. Ils y ont trouvé tous les agrégats propices à l’expression de leurs talents. En Suisse, on a notre culture propre et notre fête cantonale. Cela ne nous empêche pas de nous retrouver, à l’instar de frères de sang, autour d’une seule bannière. Quand les circonstances le demandent. Ce fut le cas, encore, lors de la crise de la COVID- 19. Notre pays a été cité en exemple, une fois de plus. Jusqu’à être invité aux Champs Élysés, à l’occasion du 14 juillet, fête nationale de notre voisin et ami français. J’ajouterai aux éléments de cohésion qui font le succès suisse l’harmonisation intercantonale de la scolarité obligatoire sur le plan national. Elle évite, comme on l’observe sous d’autres cieux, que des régionalismes se radicalisent au point de récrire une histoire totalement fantaisiste. De cultiver des nationalismes d’un mauvais genre. Que notre continent ne connaît que trop bien.

Meyer Burger a, une nouvelle fois, réussi son augmentation de capital !

Ce n’était pas chose aisée. Pourtant, l’équipementier solaire bernois Meyer Burger a réalisé son augmentation de capital, haut la main.

On se plait à imaginer que finalement Meyer Burger pourrait devenir le leader occidental survivant d’une industrie du futur qui a souffert tant des surcapacités que du dumping étatique chinois. Les 165 millions de francs que l’équipementier a récoltés sans difficulté la semaine dernière doivent servir à promouvoir sa technologie de pointe depuis l’ex cluster de Freiberg, en Allemagne. En rachetant l’ex centrale du géant allemand Solarworld qui a fait faillite en 2018 pour 12 millions d’euros.

Selon les informations disponibles, la société qui garde son siège à Thoune (BE) et sa recherche dans le canton de Neuchâtel, devrait être en mesure de fabriquer des cellules et modules solaires d’une capacité de 400 mégawatts tant dans l’usine de Bitterfeld-Wolfen, en Saxe- Anhalt, qu’à Freiberg. La capacité devrait passer à 5 gigawatts d’ici 2026.

Le chemin vers le retour à la normalité est encore long…

Les dernières données économiques confirment ce que nous craignons ce printemps. Les Etats-Unis, la France et d’autres économies développées sont officiellement entrés en récession. Cela veut dire que ces économies inscrivent une croissance négative de leur produit intérieur brut (PIB), sur deux trimestres consécutifs.

Si on est sortis des dernières récessions dans un laps de temps compris entre 18 et 36 mois. L’inconnue est la profondeur des dégâts pour des industries telles que le secteur pétrolier et celui du transport ; le secteur automobile ; la première industrie du monde qu’est celle du tourisme et plus globalement les services. A cela s’ajoute le frein que constitue non pas une deuxième vague de la Covid-19 mais seulement le fait que nous avons à gérer un nouveau virus qui est endémique et non saisonnier. 

L’endettement des ménages comme des entreprises est également une inconnue. Il constitue un frein à l’investissement et à l’innovation. Ce qui signifie que nous ne finançons plus les futurs relais de croissance. Dans ce contexte, nous nous maintiendrons à l’écart du crédit et des banques. Quelques dépôts de bilan sont encore à craindre. Pour autant, les Etats se doivent de conserver leurs agrégats stratégiques pour rebondir et demeurer compétitifs. Cela ne peut se faire sans entretenir un haut niveau dans les infrastructures et dans la téléphonie. Par ailleurs, le sous-investissement est chronique dans le rail (ABB, Siemens, Bombardier, Alstom, etc.) tant sur le vieux continent qu’aux Etats-Unis Ces thématiques ont notre préférence.

Raymond Paquier, notre jeune retraité

C’est fait. Le premier juillet dernier, notre collègue et ami Raymond Paquier, directeur, a exercé son droit à la retraite. Après 47 ans dans les métiers de la banque et de la finance, Raymond peut écrire de précieuses mémoires. Il n’a pas seulement été le témoin d’une multitude de crises et de la fusion de l’ancienne Société de banque suisse (SBS) avec l’Union de banques suisses (UBS).

Portrait Raymond Paquier

Il a apprivoisé les modes et les tendances. Le monde de la banque n’a cessé de se redimensionner et de se restructurer pour le mieux comme pour le pire (crise des subprimes 2006-2008). Entre le téléphone avec fil et la machine à écrire Olivetti jusqu’à WhatsApp et le smartphone, il en a digéré des changements technologiques. Des krachs et des nombreux cycles haussiers, il a su conserver son sourire rassurant de toujours et un chaleureux optimisme.

D’ailleurs, les principaux indices boursiers lui ont donné raison. Parfois, il faut savoir faire le poing dans sa poche et rester investi. Le temps récompense la patience, dans le domaine de l’investissement.

Néanmoins, la recette des succès de ce collègue et ami tant apprécié de ses collègues que des clients est sans conteste une foi inébranlable dans l’humain. Dans les valeurs cardinales que sont le respect et la considération pour son prochain. Fin des années 1990, j’ai eu la chance de connaître Raymond Paquier en tant que client. Il était alors mon conseiller au sein de la SBS, à l’agence de Morges. Puis, nous nous sommes retrouvés en 2006, sur les bancs de la formation continue de la nouvelle UBS, tous deux employés de l’hôtel aux trois clés. Onze ans plus tard, le 1er juillet 2017, Raymond rejoignait Meylan Finance. Plusieurs fois papa et grand-papa, Raymond nous a apporté beaucoup de son expertise et de bonnes énergies. On relèvera sa vibrante fibre sociale et son côté méticuleux jusqu’au centime près. En bonne santé et très sportif, nous lui souhaitons un épanouissant changement de cap et nous nous réjouissons à l’idée de savoir qu’il demeure proche de Meylan Finance.

Copie de l’email envoyé aux clients le 13.07.2020

Chers Clients, Chers Partenaires,

Si vous recevez cet e-mail c’est que vous êtes concernés ou intéressés par l’augmentation de capital de l’équipementier solaire suisse Meyer Burger.
Les termes ont été précisés et votés vendredi dernier 10 juillet 2020, lors d’une nouvelle assemblée extraordinaire.

 

En premier lieu, il faut savoir que le groupe fondé en 1953 procède à sa deuxième augmentation de capital en trois ans et demie et que celle-ci a comme finalité de remettre Meyer Burger dans les rails de la croissance et de la profitabilité, en changeant de stratégie.

Le management a été remanié au cours de 2019 et lors de l’assemblée ordinaire de mai dernier. Ce qui n’est pas une mauvaise chose. On lui reprochait inertie, frais juridiques abusifs, absence de vision et dispersion tant dans les partenariats que géographiquement.

Les querelles entre le principal actionnaire Sentis et la Direction se sont tues. Le nouveau CEO Gunter Erfurt, âgé de 47 ans, est un ingénieur d’origine allemande, venant du sérail de Meyer Burger.

Il semble avoir gagné la confiance de tous. Ce qui était de loin pas le cas de son prédécesseur Hans Brandle.

Notons que les principaux actionnaires ont manifesté leur confiance dans la réorientation de l’équipementier solaire et ont décidé de participer pleinement à l’augmentation de capital.

À quoi consiste cette réorganisation ?

Jusque-là, Meyer Burger dont la technologie bénéficie d’une renommée mondiale se limitait à la commercialisation de machine à fabriquer des modules et des panneaux solaires. Ainsi, elle n’avait pas de contact direct avec les clients finaux et perdait la maîtrise de sa technologie de pointe. Celle-ci étant en avance de trois ans sur ses concurrents notamment chinois.
En localisant sa production dans l’ex Allemagne de l’Est où elle disposera de facilités logistiques, Meyer Burger compte fournir directement les modules et les panneaux solaires aux clients finaux. La demande pour sa technologie est déjà importante. Selon la société, en captant ne serait-ce que 1% de la demande mondiale, Meyer Burger redeviendrait durablement profitable. Sa Direction restant au siège à Thoune et ses recherches fondamentales se poursuivront en son centre de Hauterive (NE). L’entreprise assure garder l’ensemble des emplois actuels sur Suisse.

La vision du nouveau Meyer Burger si on peut l’appeler ainsi est que la pandémie actuelle encourage le commerce en circuit court et que l’on ne souhaitera plus dépendre de la Chine pour une industrie relevant un tel potentiel stratégique que l’industrie solaire.

Les termes de l’augmentation de capital :

Chaque lot de 7 actions actuelles donne le droit d’acquérir 13 nouvelles actions au prix de 9 centimes. Ainsi, une action actuelle = un droit.

Celui-ci a une valeur théorique de 14 centimes environ. Les fluctuations suivent les aléas du marché. La dilution de l’action devrait nous amener à trouver Meyer Burger vers 15 à 16 centimes l’action le 29 juillet, jour de cotation de la nouvelle action, contre 28 centimes ce soir sur le marché.
Les droits offerts qui sont à exercer ou à vendre servent à compenser, du moins en partie, cette dilution.

Notre conseil : deux critères sont déterminants. Le premier et la disponibilité de liquidités ou non. Le second est la foi ou non dans la réorientation de l’entreprise.

Exemple de calcul pour 30’000 actions actuelles :

30’000 : 7 x 13 x 9 centimes = CHF 5014.28

Ce qui veut dire qu’il faut investir CHF 5014.28 pour suivre pleinement l’augmentation de capital.

Ou alors vente de ses droits…

30’000 x 0.14 centimes (indicatif) = CHF 4200,—

Nous attendons vos réponses.

En l’absence de celles-ci, nos critères de choix entre exercice des droits ou vente des droits seront la liquidité disponible en portefeuille et le poids de Meyer Burger dans les placements avant sa débâcle boursière et la pandémie.

Avec nos meilleurs et dévoués messages

François Meylan
Meylan Finance
Rue du Simplon 37
CH-1006 Lausanne
+41 77 446 05 90

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