Nous traversons une crise historique. Tant l’offre que la demande ont été durement frappées !

Les dangers de la situation inédite actuelle justifient les interventions étatiques et institutionnelles. N’en déplaisent aux adeptes du libéralisme à outrance. 

 

Si la grande crise des subprimes et des banques de 2007 à 2012 nous a appris que les concepts financiers enseignés dans les hautes écoles n’étaient finalement valables que par beau temps, le « Grand Confinement » nous invite déjà à revisiter certains concepts philosophiques. Dans tous les cas, chez Meylan Finance, nous sommes d’avis de demeurer prudents, sur tous les plans. Cette situation étant inédite pour tout le monde. Nous nous réjouissons de reprendre les entretiens clientèle, sous forme présentielle, en juin prochain.

On est toujours plus intelligents après…

Nous avons du temps pour la réflexion. Pour se repositionner face à la reprise. Elle sera au rendez-vous. L’humanité a, plus d’une fois, démontré ses grandes capacités d’adaptation. Le graphique ci-dessus, de l’économiste et formatrice Véronique Riches- Flores enseigne quels sont les secteurs d’activités, aux Etats-Unis, qui ont bien performé sous le mandat de Donald Trump de 2016 à ce jour. 

 

Performances secteurs S&P500

On y constate que le secteur de l’IT (les Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft – GAFAM – l’intelligence artificiel IA comme l’Internet des objets IdO) comme le secteur de la « santé » se sont très bien comportés. C’est, entre autres, tout le contraire qui s’est produit avec les branches liées à l’énergie, les industrielles ou encore les financières. Ces dernières sont composées des assurances et des banques. Relevons que le cours des actions des deux grandes banques suisses UBS et CS Group, comme les grandes banques françaises Société Générale, BNP Paribas et les espagnoles Banco Santander et BBVA sont à l’instar de l’américaine Citi, au plus bas depuis le krach de 2008…

Pour certaines mêmes elles cotent encore plus bas. Pourtant, ce sont bien elles qui ont été sauvées par le contribuable, il y a un peu plus d’une décennie. Autre enseignement, c’est le secteur IT, grand gagnant des dernières années et même de la pandémie qui est inconnu en Europe. C’est-à-dire que toutes les entreprises du domaine sont américaines. En Suisse, nous avons bien la grande déception Kudelski qui faits ses premiers balbutiements… dans l’IdO et Logitech qui ne cesse de ressusciter et qui est une grande gagnante dans les périphériques.

A méditer et à suivre.

On déconfine enfin… mais le chemin du retour à « la normale » est encore long !

 

 

La Chine qui nous précède de plusieurs semaines dans la crise nous l’enseigne. La reprise de l’activité économique ne se fait pas sous la forme d’un « V » commun mais plus doucement. Voir ce nouveau graphique de Véronique Riches-Flores – www.richesflores.com On est encore loin du monde de janvier 2020. Et le rythme sera entrecoupé par l’annonce de nouveaux clusters de contamination au Covid-19, comme ce dimanche près d’Orléans, en France, par de nouvelles grandes faillites et par des données conjoncturelles plus mauvaises qu’attendues. Nous sommes d’avis que l’exercice en cours est hors norme. Nous ne pourrons dégager des tendances porteuses qu’après l’élection de novembre prochain du président des Etats-Unis. Qui risque de n’être qu’un non évènement. D’ici-là, les nouvelles baisses devraient servir à se positionner sur l’économie de demain. On appréhende que les secteurs de la sécurité ; de l’approvisionnement et du traitement de l’eau ; de la transition énergétique ; de la communication ; des grandes infrastructures et de la santé sont à privilégier.

Segmenter son dossier titres affecté par le krach de mars dernier…

 

Placements structurés à barrière +hauts coupons

Assurer des cash-flows

Les fonds de placements indiciels/thématiques

Servent à profiter des rebonds

Les participations directes / convictions

Si peu endettées = potentiel de hausse

Les positions en souffrance …

Réévaluer en permanence, voire à vendre

Cela se passe en Suisse et maintenant…

Lac de Thoune

Lettre d’information de Meylan Finance

« Spécial crise Le Grand Confinement – Le pétrole »

Après la crise sanitaire, la crise économique…

« Aux Etats-Unis, les bénéfices par action ont été dopés par un plan fiscal accommodant mis en place en 2018 et par la baisse des taux en 2009. L’exercice 2020 étant l’année d’après, avec un marché américain des actions au plus haut, il n’y a plus grand-chose à attendre de Wall Street.

Lac de Thoune

Rapidement, l’intention se focalisera sur l’élection présidentielle de novembre. Toutefois, l’Amérique du plein emploi de Trump demeurera propice aux échanges et à l’énergie. Surpondérer les marchés européens s’est avéré jusqu’ici une stratégie perdante. Bien que les perspectives européennes soient bien orientées grâce à une sensibilité accrue au commerce mondial. Le dollar restera une monnaie refuge.

 Entre autres présentations de ce mois de janvier 2020, celle d’Exane du Groupe BNP Paribas recommande les marchés émergeants et l’or comme actifs incontournables. Pour notre part, nous ne recommandons les premiers qu’avec une grande parcimonie et restons à l’écart du métal jaune pour des raisons éthiques et historiques. Sauf demande expresse du client. Aussi. Nous nous orientons vers un exercice 2020 avec une évolution boursière latérale, légèrement baissière pour les indices américains et légèrement haussière pour le vieux continent. Résultant du retard de celui-ci. Des placements actions avec barrières de protection semblent le plus adéquat. Le marché obligataire quant-à-lui est à réduire. Tant les espérances de gains sont nulles. »

Voici, ce que nous retrouvons dans nos notes de janvier dernier. Autant dire que ce panorama appartient, aujourd’hui, à un monde lointain… celui de hier ! Après la crise sanitaire, la crise économique…

Réévaluer ses investissements …

Nous sommes d’avis qu’une profonde récession est inévitable. La question est de savoir combien de temps elle va durer. Les mesures prises, sans précédent, par les principales banques centrales – la BNS évoque déjà le retour du taux plancher face à l’euro – et les Etats devraient nous éviter une dépression à la japonaise ou la crise de 1929.

Boussole - Orientation des investissements

Nous sommes toujours plus intelligents après. Le marché obligataire étant une trappe à liquidités ; le cash étant exposé aux intérêts négatifs : les matières premières étant les grandes perdantes de la récession et le marché immobilier se trouvant au bord d’une baisse de 20% ; les actions resteront encore le meilleur placement… à terme.

 Reste à choisir les meilleures. Vu ce qui précède, nous suggérons de subdiviser le portefeuille titres en quatre segments :

Les placements actions structurés à barrière offrant un coupon attractif

Ils permettent s’assurer les cash-flows

Les fonds de placement indiciels ou analogues

Ils seront investis dans les prochaines phases de baisse pour profiter des rebonds

Les participations directes / convictions

Pour autant qu’elles apportent une réelle plus-value. Soit hausse soit bon dividende

Les positions en souffrance…

A réévaluer en permanence, voire vendre.

Est-ce la fin de l’ère pétrole ?

Selon Yvan Cliche, du Centre de recherches et d’études internationales de l’Université de Montréal (CERIUM), même si la communauté internationale se mobilise comme jamais après la crise sanitaire pour atteindre les objectifs de l’Accord de Paris sur le climat (2015), le monde produira encore presque 70 millions de barils de pétrole par jour en 2050, contre plus de 100 millions présentement.

Pourquoi ? On associe souvent le pétrole à l’automobile. Or, le pétrole est aussi l’énergie du transport lourd, des camions, des bateaux, des avions.

Puits de pétrole

Si l’électricité a maintenant pris une place, croissante, dans le secteur des véhicules individuels, elle n’a pas encore pris une position prometteuse similaire dans le transport lourd, loin de là.

La pétrochimie, la rentabilité de la diversification

L’industrie pétrolière ne se résume pas à l’extraction et au raffinage. De nombreuses transformations du produit de base – distillation, conversion, amélioration – permettent de nombreux débouchés industriels. Les éléments légers, une fois épurés, sont généralement dédiés à l’essence, au fuel pour chauffage domestique. Des éléments moyens, on extrait le kérosène et des éléments lourds le bitume. Le plastique, le caoutchouc, le propane, les lubrifiants et le butane sont du ressort de la pétrochimie. Ce secteur est très intégré. Il accompagne toute économie dite industrialisée. Sans efforts particuliers, il ne sert à rien d’être assis sur les plus grandes réserves pétrolières du monde comme l’est le Venezuela ou encore le Nigeria. C’est une industrie lourde qu’il s’agit de construire et de maitriser.

Barils pétrole

Par ailleurs, si on dispose encore pour 50 ans d’or noir, les plastiques seront dans la nature des siècles. Il ne suffit pas de consommer moins d’énergie pour moins polluer. Il faudra apprendre à se passer de tous les dérivés du produit de base. C’est donc une révolution de la ressource qui stimulera une économie plus durable.

Préférer directement l’action d’une entreprise à tout autre produit

Entre 2005 et jusqu’à récemment, on nous encourageait à diversifier les placements en passant par la case « matières premières » sachant que le poids des énergies fossiles dans les différents indices ad hoc représente entre 40 et 65 %.

On pensera, entre autres, au Rogers International Commodity Index. Après la débâcle 2020, la chose sera, sans doute, reconsidérée. A présent, il est question de ne pas rester inactif face à la nouvelle donne.

Quand il n’est question que de diversification, opter pour un certificat diversifié ; un fonds de placements ou autre instrument analogue sont indiqués. Après un krach, le contexte n’est plus le même.

Si les plus grandes réserves pétrolières appartiennent à des Etats – on pense en particulier au Venezuela et à l’Arabie Saoudite, des multinationales comme Exxon Mobil (Esso) et Royal Dutch (Shell) disposent de réserves considérables. Comme pour les vingt premières entreprises de la branche elles ont la réputation de chérir leurs actionnaires avec des dividendes compris entre 6 et 10%.

Il est préférable d’acheter directement les actions de ces entreprises. D’investir dans ceux qui vont réellement travailler avec la ressource. En lieu et place des financiers qui ne font que de spéculer sur l’or noir sans jamais avoir l’intention d’en faire quelque chose.

On évitera un « contango » défavorable qui affecte les fonds de placements et autres certificats. C’est le fait de payer le pétrole plus cher qu’il ne l’est sur le marché pour couvrir les frais de stockage. Tant que les prix ne remontent pas sensiblement et durablement.

François Meylan

Warren Buffett

Warren Buffett a communiqué une perte nette de 50 milliards de dollars rien que pour le premier trimestre 2020 !

Qui l’aurait cru ? Le plus célèbre et sage investisseur de Wall Street a vendu à perte. Haut de son expérience légendaire, âgé de ses 89 ans, il a vendu à perte ses investissements et c’est une première. Il a surtout liquidé ses positions dans les compagnies aériennes Delta Air Lines ; American Airlines, Southwest Airlines et United Airlines. Dans les pages de « The Guardian », il a déclaré, en substance, que des milliers d’avions garés sur le tarmac à travers le monde et aucun calendrier précis pour la reprise des voyages aériens n’auguraient rien de positif pour ce secteur. 

 
Warren Buffett

Rappelons que plusieurs compagnies aériennes ont déjà déposé le bilan, telles que Virgin Atlantic et FlyBe. Nombreuses ont demandé une aide étatique : easyJet, Swiss, Alitalia, Air France, pour ne citer que celles-ci. D’autres ont annoncé des licenciements en masse. C’est le cas, entre autres, pour British Airways et Ryanair. Néanmoins, on retiendra des déclarations, dans « The Guardian », de l’investisseur, jusqu’ici sans faille, que l’on nomme aussi l’Oracle d’Omaha, que malgré l’intervention massive et sans précédent des banques centrales et des Etats, les marchés n’ont pas encore passé le creux de la vague.

Nous sommes en récession…

Pour l’Institut national de la statistique et des études économiques (l’INSEE), nous sommes en récession quand le produit intérieur brut (PIB) se replie pendant deux trimestres consécutifs au moins. On y est. Nous sommes entrés à pieds joints dans une contraction économique inédite. Tant l’offre que la demande ont été frappées d’une violence inouïe. On peut sortir d’une récession en quelques mois… ou en plusieurs années. Si on entrevoit déjà les secteurs d’activités qui en sortiront gagnants – c’est le cas de tout l’environnement du télétravail et il y en aura d’autres – il est conseillé de revisiter sa situation patrimoniale, ses besoins en liquidités pour ses douze prochains mois. Avec le surplus, si existant, identifier les opportunités à saisir. Qui dit crise dit également chance.

Le risque systémique est-il derrière nous ?

Le risque systémique est la probabilité d’un effondrement global de tout le système financier, par effet dominos et croisements, suite à la diffusion dans tout le système financier d’une crise particulière. Le risque systémique est difficilement quantifiable et difficilement gérable. S’agissant d’un effondrement global, l’intervention coordonnée des banques centrales est considérée le plus souvent comme indispensable. Bien que cette affirmation se discute. Si l’on peut constater un certain consensus politique, ce n’est pas le cas entre les économistes.

« Comprendre l’économie politique », Manuel à usage des curieux, Préface de Hans- Rudolf Merz, de Philippe Paoly, économiste, enseignant, auteur et gérant chez Meylan Finance.

Par exemple, si on avait laissé l’UBS faire faillite, jeudi octobre 2008, au lieu de la sauver par le bais de la Confédération suisse et de la Banque Nationale Suisse (BNS) n’aurait-on pas été plus armés pour faire face à la présente crise ? C’est l’une des nombreuses questions que soulève l’intervention étatique. En réalité, personne n’en sait rien parce que personne n’a osé. 

 
Terrasse Lavaux

Les crises on les préfère pour plus tard ou pour les autres. Ce n’est jamais le bon moment. de catastrophe soit pour une autre fois ou pour les autres. Dans tous les cas, il n’est plus temps de faire de la morale mais plutôt de soutenir et de sauver. C’est seulement, une fois la crise derrière nous, qu’il s’agira de tirer les leçons.

A suivre…

Lavaux

Penser à l’après…

Ce lundi 27 avril, les coiffeurs peuvent ouvrir à nouveau et sont à la fois soulagés mais inquiets pour leur santé… lis-t-on dans la presse. La faîtière « Coiffure Suisse » confirme les sentiments mitigés : « On est toujours dans l’attente de directives concrètes d la part de la Confédération. » On passe de la permanence à l’inconnu. À l’opposé, des voix s’élèvent pour dire que le remède a été pire que le mal. Que ce n’était «qu’une» nouvelle grippe.

Lavaux

Fallait-il confiner et arrêter l’économie, pour autant ? Singapour et la Grande- Bretagne qui ont, dans un premier temps, fait le pari d’atteindre l’immunité collective, en laissant le virus se propager, se sont finalement résignés au confinement. La Grande-Bretagne comptabilise déjà 20’000 décès. Quant à la Suède qui n’a pas confiné elle a le double de décès de la Suisse pour une population de taille quasi comparable.

Quel seuil de décès acceptons-nous dans la balance «santé – économie » telle est la question de fond. On ajoutera que les statistiques et la manière de comptabiliser sont propres à chaqu État. Par contre, l’argument que cela ne touche « que » les personnes âgées ne tient pas la distance. L’argument est regrettable. Il est balayé d’un revers de main en terme d’utilité économique. Pour ne parler que de ça. Les troisièmes et quatrièmes âges sont non seulement des consommateurs mais sont aussi de grands stabilisateurs dans nos sociétés. Leurs apports économiques et moraux sont inestimables. Les thèses sur la question ne manquent pas. Voir la thèse de Solène Billaud, Ecole des hautes études en sciences sociales, à Paris (EHESS).

surmortalité

Après le krach boursier de mars, le « ouf » !

Les marchés financiers ont stoppé l’hémorragie et ils se sont stabilisés. Ils ont réduit une partie des pertes. Les annonces de plans de sauvetage étatiques sont précédent pour affronter cette crise nommée par le Fonds monétaire international (FMI) « Le Grand confinement » ont permis d’éviter une catastrophe boursière qui nous aurait peut-être ramené au plus bas du début de « La Grande Dépression » de 2007 – 2012.

Pour autant, les baisses ne sont pas terminées. Après avoir circonscrit le sinistre il faudra reconstruire. Des ajustements vont se faire. Cela se fera dans l’espace comme dans le temps. Avec des phases de stress accompagnées d’une recrudescence de la volatilité alternées de périodes de calme et de reconstruction. Si la crise des « subprimes » a débuté aux États- Unis en 2006 les plus bas sur les marchés n’ont été atteints qu’en février 2009. On se rappelle les plus hauts boursiers atteints en mars 2000, lors de la bulle Internet, pour ensuite chuter jusqu’en mars 2003 et le début de la guerre en Irak. Ce que l’on a appelé le krach rampant.

Après des faillites retentissantes de Enron, de Worldcom ou encore de Swissair, pour ne nommer que celles-ci, et les attentats du mardi 11 septembre 2001. On peut aussi espérer un scénario à la 2011 où là, alors que tout semblait fonctionner, à l’image de janvier dernier, un tsunami et une catastrophe nucléaire sans précédent au Japon transformèrent l’année en une débâcle boursière se ponctuant avec la perte de la notation triple AAA sur la dette des États-Unis et sur celle de l’archipel nippon… une première historique !

De plus, 2011 succédait à un une année 2010 difficile avec la crise de l’euro et des dettes souveraines soumises à de graves difficultés. On pense au Portugal, à l’Irlande – nommé alors le Tigre celtique – et surtout à la Grèce et à son défaut de paiement partiel (- 70%).

Bref, le Swiss Market Index (SMI) est à nouveau à son niveau de 2006 ! En attendant, des dividendes ont été versés durant 14 ans.

À présent, il s’agit d’identifier les courants porteurs de demain… *

Lors de chaque « méga crise », des pans entiers de l’économie ne se redressent pas. Il se produit une rupture entre un ancien et un nouveau paradigme. La dernière décennie n’a profité ni à l’industrie automobile traditionnelle, ni à nos grandes banques – les cours boursiers en témoignent – ni aux assurances, ni à l’industrie lourde et encore moins aux matières premières qui n’ont cessé de boire la tasse. 

Cours platine

L’exemple avec le platine qui devait profiter des pots d’échappement à catalyseur = 50% de la demande mondiale de platine, alors que la production automobile n’a jamais retrouvé son niveau d’avant la crise 2007 – 2012. Et le marché s’inscrit dans l’adoption du moteur électrique. On est plus intelligent après. Tant que l’on ne découvre pas une nouvelle application industrielle pour le platine, son cours ne se redressera pas durablement. Quant au pétrole, on retrouve son cours aux niveaux des plus bas de 1999. Cette année, le Brent a chuté de 71.75 à 15.98 dollars. On est loin des 147.50 dollars atteints en juillet 2008.

La surabondance d’or noir provoquée par la pandémie ne se résorbera pas avant l’automne, dans le meilleur des scénarios. La demande se résume à près de 50% pour le transport routier; 8% pour l’aviation commerciale et 7% pour la navigation. Beaucoup dépendra tant de la profondeur que de la durée de la récession dans laquelle nous a précipité le Covid-19. Ou plutôt l’arrêt ordonné de l’économie. Concernant le transport aérien, il faudra s’attendre à de nouveaux contrôles des voyageurs au passage des frontières : la prise de température et l’évaluation de leur état de santé. Comme après les attentats du 11 septembre et normes anti-terroristes, on s’y habituera mais cela prendra du temps. Pour autant, les avionneurs tels que Airbus et Boeing ne sont pas en danger. Ces entreprises sont stratégiques et sont soutenues par les États français et allemand pour la première et par Washington pour la seconde. Toutefois, des équipementiers tels que Safran, Thales, Alliant, Honeywell et d’autres souffriront d’avantage.

Les tendances de fond ou encore les courants porteurs sont à identifier dans le paysage du télétravail et de la télé médecine. Soit l’Internet des objets; l’Intelligence artificielle (IA) et la sécurité des réseaux. Si les deux derniers avaient déjà le vent en poupe, le premier sera vite confronté à un vif débat sur la 5G. Il sera politique, économique et sanitaire avec l’appréhension des risques fantômes. C’est-à-dire, des incidences à terme pour notre santé. Que l’on ne peut exclure aujourd’hui. Nous n’avons ni l’expérience ni le recul nécessaire pour estimer les conséquences. Le commerce en ligne, avec à sa tête la multinationale Amazon qui vient de démontrer, une fois de plus, sa solidité, va poursuivre sa croissance. On l’a vu nous demeurons à l’écart des matières premières qui font tant souffrir. Elles ont été remplacées par le savoir et le data. À savoir tout ce que nous indiquons sur nous et sur nos connaissances au quotidien. Nos informations personnelles cumulées au savoir collectif. Cela se monétise. Les GAFA – Google, Apple, Facebook et Amazon – s’enrichissent dessus. Les devises des pays dont l’économie est particulièrement exposée aux matières premières telles que le dollar australien ou le dollar canadien sont à éviter. On demeurera à l’écart de l’immobilier commercial, des banques, du tourisme qui est à l’arrêt forcé et d’une multitude de fournisseurs lourdement endettés qui gravitent autour de l’industrie pétrolière et de l’automobile. Nous éviterons le secteur de l’énergie comme des médias. De nouvelles secousses boursières vont resurgir – réajustements incontournables en phase d’entrée en récession. Nous en profiterons pour nous repositionner. Être dans le rail du monde d’après.

La durabilité sera une constante. Mais aussi l’éthique et le socialement responsable. Le modèle économique actuel qui est linéaire : prendre; fabriquer; consommer et jeter n’est plus approprié. Il ne cessera de nous conduire dans le mur. On appelle de nos vœux une économie circulaire : diminuer; réemployer; réutiliser et recycler. Les infrastructures demeurent toujours une tendance de fond comme l’approvisionnement et le traitement de l’eau. Ce sont la colonne vertébrale de notre économie. Investir dans les besoins fondamentaux de l’être humain. Les plans de relances budgétaires soutiendront ces thématiques. On pense, entre autres, à des sociétés comme Siemens, ABB, Bombardier – le ferroviaire est sous-investi à l’échelle mondiale, il reste beaucoup à faire, Geberit, Vinci, Veolia, Suez ou encore AMS suite à son rachat de Osram (infrastructure sociale / éclairage public). On veillera à l’exposition à l’Asie où 6 personnes sur 10 y vivent. La transition énergétique reste incontournable.

Quand le célèbre investisseur Warren Buffett dit que « cette fois, c’est différent » sont les mots les plus coûteux de l’histoire de l’investissement il a probablement raison. Cette fois, ce n’est pas différent ! Après « La Grande Dépression » de 1929 – 1939, « La Grande Récession » de 2007 – 2012, on sortira également de la crise « Le Grand Confinement » de 2020 à ?

Reste à savoir comment, dans quel état et qui seront les gagnants et les perdants.

*Il n’est pas question de recommandations à l’achat

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