Ce sont les politiques publiques qui portent les cours boursiers et non plus les profits

C’est le monde à l’envers. Ce sont les politiques publiques – c’est-à-dire le gonflement des bilans des banquescentrales ou encore ce que l’on appelle la planche à billets – l’assouplissement monétaire (QE) – qui soutiennent les cours boursiers et non plus les profits des entreprises. Dans les faits, depuis la crise financière de 2008 – 2010, nous n’avons cessé d’évoluer dans cet environnement.

Cette fois, nos autorités monétaires battent tous les records. Et cela va durer en 2021. On y ajoute l’effet des vaccins et on comprend alors que l’euphorie boursière de novembre dernier n’était peut-être pas exagérée. C’était bien plusque l’effet Biden neutralisé par un Sénat républicain.

Néanmoins, la récente hausse boursière s’est concentrée sur seulement une centaine d’entreprises sur les 50’000 sociétés cotées. On peut se réjouir pour les principaux indices boursiers qui sont portés par les quelques locomotives technologiques et pharmaceutiques qui sont les grandes bénéficiaires de tout cet argent public.

Mais cela ne fait pas le beurre de toutes les autres qui reflètent au plus près la réelle santé de l’économie réelle. C’est-à-dire, la convalescence. « La plupart des investisseurs sont convaincus qu’un fort rebond de l’activité est probable en 2021 et 2022. Le principal sujet de débat est maintenant le rythme de la normalisation des politiques publiques. Beaucoup craignent que le moindre signal d’une baisse de la stimulation soit perçu négativement par les marchés boursiers. Nous pensons que ces inquiétudes sont prématurées. Bien que l’appétit pour le risque puisse refluer à court terme après le fort rebond de ces deux derniers mois, le resserrement des politiques semble encore lointain. Les nouvelles orientations de la Réserve fédérale (Fed) sur les achats d’actifs suggèrent que son QE sera maintenu à son rythme actuel tout au long de 2021. Le président de la Fed, Jerome Powell souhaiterait un chômage plus proche de la normale avant de réduire le QE. Selon les prévisions de la Fed, cela ne devrait pas se produire avant 2022. » (1)

1) Vue Macro : Les craintes d’un durcissement des politiques sont prématurées, Jean- Baptiste Pethe, Chef économiste, Exane BNP Paribas, 18 décembre 2020 ;

Quelques grandes tendances pour 2021…

Dans cet environnement de marchés boursiers soutenus par les banques centrales avec des taux d’intérêts très bas voire négatifs, il reste à savoir dans quoi il faudra être investi.

 

Chose que confirmait récemment Samy Chaar, chef économiste de la banque privée Lombard Odier, dans un média spécialisé: « Restez investis ! »

Les mégatendances suivantes ressortent de plusieurs études :

1) L’essor des robots et de l’intelligence artificielle
Grâce à l’augmentation de la puissance de calcul et l’accès à des données toujours plus nombreuses et complètes, l’intelligence artificielle (IA) a fait son entrée dans de multiples industries.

2) Le creusement des inégalités

La mondialisation a laissé de côté une part grandissante de la population. Le recours à la planche à billets par les banques centrales a certes permis de sauver de nombreuses entreprises de la faillite et maintenu le système financier à flot. Par contre, la création de richesse a davantage rémunéré le capital que le travail, creusant le fossé entre les plus riches et les plus pauvres. La crise du COVID-19 n’a fait qu’accroître le dangereux déséquilibre. Les frustrations croissent et les populismes grandissent. Cette mégatendance pourrait bénéficier aux secteurs et entreprises qui produisent de manière locale ainsi que les valeurs liées à l’industrie de la sécurité et la cybersécurité (ProsegurLeonardo, etc.)

3) Les infrastructures

Le besoin de rénovation d’infrastructures existantes ou de nouvelles installations est important tant aux Etats-Unis que sur le vieux continent. La transition énergétique soutient la tendance. Entre autre, on pense au développement du rail (Vinci ; Siemens ; ABB ; Alstom voire CRRC).

4) Les « Millenials »

Les « Millennials », aussi communément appelés la Génération Y , sont les personnes nées dans les années 1980 et le début des années 1990. Cette catégorie d’âge représente 50% de la population mondiale dont une grande partie dans les pays émergents. Ils ont pour point commun le fait d’avoir grandi en pleine évolution technologique et numérique.

Cette génération est également très soucieuse de l’écologie, du développement durable et des grandes questions de société telles que la diversité. Il est donc assez naturel pour les « Millenials » de favoriser les investissements dans les entreprises tournées vers la transition énergétique, qui respectent les critères ESG (environnement, social, gouvernance), les valeurs technologiques, les véhicules électriques, les loisirs et la santé.

5) La « Silver Economy »

La population est vieillissante. Dans un pays comme le Japon, les décès sont plus nombreux que les naissances et l’immigration n’est pas suffisante pour combler le déficit démographique. Le pourcentage de la population mondiale âgée de plus de 65 ans a augmenté depuis la guerre, créant une économie dite « argentée ». De nouveaux besoins apparaissent. Les principaux bénéficiaires de cette tendance sont les entreprises de biotechnologie qui ciblent les maladies liées à l’âge tel que le diabète, l’arthrite et le cœur mais aussi les entreprises impliquées dans les loisirs et l’accompagnement de la personne. (2)

2) Points de vue, Investissements thématiques : les 5 mégatendances de 2021, Valérie Noël, FlowBank, dans allnews, 7 décembre 2020 ;

Le bémol, en plus de l’évolution de la pandémie, est le retour à la réalité…

Le 16 décembre, l’économiste indépendante Véronique Riches-Flores nous le rappelle : « La confiance des consommateurs n’a guère décollé ces derniers mois et piétine toujours sur ses bas niveaux du début de 2014, en partie du fait de la lenteur du rattrapage du marché du travail sur lequel manquent toujours 10 millions d’emplois par rapport à la situation d’avant crise. » (3)

Ne pas brader son or ! Dans cet environnement encore marqué par un degré d’incertitude sans précédent au cours duquel même la poursuite du mouvement de rotation cyclique pourrait s’accompagner d’un retour en force du métal jaune, ainsi que cela a pu s’observer par le passé. (4)

3) La consommation américaine à nouveau dans le rouge, Véronique Riches-Flores, 16 décembre 2020 ;

4) Rien n’oblige à vendre son or, même en vue d’une plus grande rotation sectorielle en 2021, Thomas Bauer, 18 décembre 2020.

Les fusions et acquisitions (M & A) vont se poursuivre en 2021*

On l’a déjà évoqué en novembre dernier. Entre l’argent bon marché à profusion, les gagnants de la Covid-19 ont à leur portée une quantité de sociétés dites de « la vieille économie » qui ont été bradées à la bourse. T ous les ingrédients sont réunis pour accélérer le mouvement.

L’un des nombreux exemples est le rachat de « The Washington Post » par le patron d’Amazon, Jeff Bezos.

Les secteurs concernés sont principalement les banques, rumeurs en cours sur le couple BBVA et Banco Sabadell et qui bénéficie de l’encouragement explicite de la Banque centrale européenne ; le luxe (Hugo Boss) ; les médias ; l’énergie et les services aux collectivités. Le dossier du moment est français Véolia – Suez. La thématique devrait être exploitée par le biais de la diversification : un fonds de placement ; un ETF ou autre solution structurée.

Le marché britannique n’est pas dénué d’intérêt

Entre l’an prochain et le printemps 2022, le rattrapage des actions britanniques devrait être durable. Ce marché – le FTSE 100 – qui a perdu (– 19 %) cette année se trouve, avec l’Espagne, dans les plus mauvais élèves du continent.

Conjugué à  une forte pression sur la livre sterling, des opportunités très attractives apparaissent. On pensera au pétrolier BP qui a pris le virage à marche forcée des énergies renouvelables et veut devenir neutre en carbone d’ici 2050.

Au cours actuel, l’action distribue un dividende confortable de 9 %. Vodafone se trouve, pour sa part, dans un mouvement de concentration significatif du secteur et distribue 6.5 % en dividendes.

Le groupe pharmaceutique GlaxoSmithKline (deuxième groupe pharmaceutique mondial : traitement des maladies respiratoires (67.5 % du CA), de l’infection par le VIH (27,7 %), troubles du système immunitaire (3.5 %) et Covd-19, est incontournable. Le dividende actuel est de près de 6 %. Pour autant, nous recommandons de diversifier, le cas échéant, l’entrée sur ce marché par le biais de la diversification : un fonds de placement ; un ETF ou autre solution structurée.

« Nous vous présentons nos meilleurs voeux pour ces fêtes, en santé, et une lumineuse année 2021. »
François Meylan


Information : info@meylan-finance.ch

Editorial Wealth Gram

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2020, une année qui nous invite à redécouvrir l’économie réelle!

Ces dernières années n’ont cessé de nous noyer dans les réglementations (FATCA, MIFID II, LEFIN et LSFIN & Co). L’administratif et les délais à répétition imposés de toutes parts (des banques dépositaires aux organes de régulation en passant par les différents prestataires financiers) nous ont trop souvent éloigné du monde de l’entreprise et de l’économie réelle. À cela on ajoute quatre années de gestion du monde par le biais des Tweets agressifs de la Maison Blanche, suivies de quelques guerres commerciales. Ceci pour dire que dans cet environnement compliqué et stressant, les risques de passer à côté de trends haussiers annonciateurs de changements de paradigmes et de modes de consommation se sont accrus.

Celui qui a manqué l’envolée des nouvelles valeurs technologiques est doublement sanctionné cette année de règne de la COVID-19. Il est passé à côté de performances exceptionnelles générées par les Zoom, Amazon, Tesla, Netflix, Facebook, Apple, pour ne mentionner que celles- là.

Il souffre de la double peine d’avoir en portefeuille des entreprises que beaucoup voient déjà vouées à la vieille économie condamnées à disparaître. Celles dont plus personne ne veut. Celles qui sont pourtant d’importantes pourvoyeuses d’emplois, mais qui sont trop gourmandes en capital et qui cumulent les dettes. Celles qui ne sont plus tendance. Ce sont aussi celles qui sont tout particulièrement affectées par les phases de confinement successives, les restrictions et autres quarantaines. Pour autant, ce sont dans les secteurs les plus sinistrés aujourd’hui que se trouvent les leaders de demain. C’est par mauvais temps que l’on reconnaît les bons capitaines. Et c’est dans l’adversité que se dégagent les opportunités.

Le mouvement des fusions et des rachats est déjà initié. Le secteur du luxe se concentre. C’est le cas également pour les services. Des constructeurs automobiles prennent le virage de l’électrique et de l’hydrogène et feront demain aussi bien, voire mieux que Tesla. Le tout publicitaire qui enrichi Facebook montre déjà ses limites. Une Zoom qui n’est pas vraiment à l’abri d’une forte barrière à l’entrée peut être remplacée demain par une nouvelle technologie. Les consommateurs vont se fatiguer de payer chaque fois plus cher leur iPhone d’Apple pour recevoir chaque fois moins de fonctionnalité en échange. Samsung et Huawei font déjà mieux, avec une meilleure résolution photo, et surtout ils sont moins onéreux. Aussi, on aurait tort de se débarrasser des pétrolières ou des bancaires qui sont obligées de se restructurer et même de se réinventer au pas de charge. Il en est de même pour le secteur aérien.

Du côté des infrastructures, le train apparaît déjà comme incontournable.
Le transport ferroviaire pour être plus précis. Il faut dire qu’entre la grande glaciation des échanges aériens et la douloureuse mue environnementale de l’automobile, le rail fait figure de havre de paix.

En sortant des sentiers battus, on découvre également les actions dites ennuyeuses telles que Waste Management qui est le numéro 1 américain de la gestion des déchets. Son parcours boursier, à l’abri des modes, est étincelant. Service Corp International, numéro 1 américain des pompes funèbres, n’est pas en reste non plus. La société possède plus de 1500 salons funéraires et 500 cimetières. Et elle aura encore des clients demain…

Tout cela demande du temps et de la concentration. Les confinements à venir nous en donnent. Se plonger dans le monde de l’entreprise. Celui de la création de valeur. Étudier les secteurs. Se positionner de manière à ne pas manquer la prochaine reflation des actifs. Que cette dernière soit de nature sectorielle ou liée à la fin de la pandémie, elle viendra. Toutefois, il serait faux de croire que cette fois c’est différent. Ce sont les mots les plus coûteux de l’histoire de l’investissement selon Warren Buffett. Il suffit de rechercher les noms des sociétés listées il y a vingt ans. Se rappeler toutes ces étoiles montantes qui ont disparu depuis, telles que Distefora, Gretag, Miracle, Xerox, Enron, Global Crossing, Worldcom, World Online, Petroplus, AOL, Terra Lycos, etc. et etc. Aussi, celles qui sont toujours là vingt ans plus tard ce n’est pas pour rien.

À contrario du discours du philosophe français Luc Ferry qui annonce une nouvelle révolution industrielle qui serait portée par l’intelligence artificielle et le transhumanisne, nous ne vivons pas le début d’un nouveau monde. Nous traversons seulement une très forte tempête qui nous force à repenser les habitudes et les modes de consommation qui reviendront après la crise et ceux qui sont sur le point de disparaître définitivement.

François Meylan

Directeur et fondateur de Meylan Finance Membre du GSCGI

Positionnement Novembre 2020

2020, une année qui nous invite à redécouvrir l’économie réelle !

Nous ne nous attarderons pas sur l’élection ce jeudi du 46ème président des Etats-Unis. Si ce n’est pour appeler de nos vœux que le résultat des urnes soit sans appel, dans un sens comme dans l’autre, pour éviter une polarisation encore plus forte de la société américaine.

La tension outre atlantique n’ayant pas atteint un tel niveau de crispation depuis plus d’un siècle. Soit avec le 16ème président des Etats-Unis Abraham Lincoln. Ce que l’on retiendra, en termes de marchés financiers, est que Joe Biden a annoncé qu’il n’écartait pas un nouveau confinement si nécessaire pour contenir la propagation de l’épidémie.

A contrario, depuis 1930, Wall Street se porte toujours globalement mieux avec les administrations démocrates que républicaines. Les statistiques existent pour le confirmer. Ce qui n’est pas anodin. Le capitalisme sauvage où l’Etat est présenté comme le problème n’est, dans les faits, pas la panacée pour les marchés boursiers. Pour notre part, nous n’avons cessé, tout l’été, de recommander une posture attentiste, en termes de placements. A ne pas renouveler automatiquement les échéances. A privilégier les liquidités. Jeudi et vendredi derniers nous ont donné raison. La crise pandémique, même si comme pour toutes les grandes crises antérieures, sera tôt ou tard contenue n’est pas terminée. Le choc encaissé en mars dernier nécessite au bas mot 18 mois avant d’entrevoir une embellie économique concrète. D’ici là, la discipline reste le maître mot. On profitera des séances boursières fortement baissières. Pour renouveler et étoffer nos placements. De manière personnalisée et au cas par cas. Ce ne sont pas les liquidités qui doivent motiver les investissements. Ce sont les opportunités. Quant à la pandémie, nous abordons tous cette recrudescence plus avisés et plus expérimentés.

(1) Les banques centrales devraient être en mesure d’éviter une volatilité excessive des marchés, mais les gouvernements seraient inspirés de soutenir encore d’avantage les entreprises. C’est aussi l’affaire de tous. Consommons local !

Immobilier ; un long hiver s’annonce pour les surfaces de bureaux et de vente

Pixel : Neuchâtel, 24 octobre 2020

En période d’incertitudes, mieux vaut investir dans la pierre dit-on souvent. Pourtant, comme c’est le cas pour beaucoup de secteurs d’activités, le marché immobilier évolue de manière très contrastée. Si l’immobilier résidentiel a, jusqu’ici, bien résisté, les surfaces de bureau et de vente subissent la crise de plein fouet. Ainsi, l’indice SXI Swiss Real Estates (CHRES) est en recul de – 18% cette année. La crise sanitaire ne fait qu’appuyer sur une tendance de fond déjà relevée en 2016. Il y a quatre ans la Fédération des Entreprises Romandes à Genève (FER) relayait l’étude de Sara Carnazzi Weber, responsable de la recherche économique de Crédit Suisse.

En substance, on y apprenait que la part croissante du commerce en ligne ; la flexibilité de l’aménagement du temps de travail au bureau et la délocalisation de centres administratifs vers des cieux fiscalement plus avantageux généraient de sombres perspectives pour l’immobilier commercial.

Cette année, le télétravail, communément le home office, accentue le phénomène. Celui-ci va bouleverser les politiques et les plans d’affectation urbains. La question sera alors comment réinventer l’utilité de ces nombreux espaces vacants.

(2) Pour l’heure, deux facteurs noircissent encore plus les perspectives du secteur : I) L’absence de visibilité quant à l’horizon de sortie de la crise ;

II) Plus fondamentalement, c’est la transformation des habitudes de travail.

Les principaux inconvénients du home office constatés cette année 2020 tant avec les banques qu’avec les administrations sont : des courriers postaux qui se perdent ; ou qui tardent à parvenir à leurs destinataires ; des erreurs dans l’exécution des ordres (exemple, l’ordre n’est pas exécuté ou il est passé à double, suite à un défaut de coordination entre collègues qui sont en télétravail).

Apple, la mise à l’épreuve de la 5G et du réveil des consommateurs…

Apple, mastodonte, roi du changement de nos vies, serait-il sur le point de devenir moins sexy ? Avec ce qu’il présente comme la nouvelle génération de réseaux mobiles, Apple prend le risque de décevoir. Vanter les mérites de la 5G aujourd’hui, ce qu’Apple ne cesse de faire, n’a guère de sens.

Ces réseaux sont à l’état embryonnaire et loin des promesses annoncées en termes de vitesse de transmission des données. Le géant américain mise tout sur la «5G » pour vendre son iPhone 12 qui n’apporte rien de nouveau. Si ce n’est d’être compatible « 5G ».

Le nouveau modèle proposé à un prix plus élevé – politique fidèle à l’entreprise – sera nu ! C’est-à-dire, sans chargeur ni auriculaires. Le leader de Cupertino, en Californie, souhaite ainsi afficher le penchant écologique qu’il vient de se découvrir. Apple entend ainsi lutter contre le réchauffement climatique.

Encourager ses clients à utiliser les chargeurs et auriculaires des modèles précédents. Seulement voilà, l’achat d’un adaptateur sera nécessaire pour utiliser les anciens chargeurs. C’est sans compter l’obsolescence programmée. Soit l’ensemble des techniques par lesquelles le metteur sur le marché vise à réduire délibérément la durée de vie d’un produit pour en augmenter le taux de remplacement. Alors que des compétiteurs performants et fiables coréens et chinois convoitent le marché des smartphones, survendre une 5G ultrarapide qui n’existe qu’en théorie est prendre le consommateur pour un imbécile. Les opérateurs télécoms ont encore des milliards à investir pour faire progresser leurs réseaux. Et tous ne sont pas pressés à le faire. C’est le cas de Bouygues. Parce qu’aucune application ni aucun service, n’a besoin de bande passante très large.

La 4G et la 4G + font parfaitement l’affaire, notamment pour tous les services de streaming. Dans les faits, les consommateurs n’ont rien demandé et n’attendent pas vraiment quelque chose de cette technologie (3).

Des fusions et acquisitions (M & A)* dans le secteur bancaire au menu

*M&A = acronyme pour Mergers and Acquisitions

Le mouvement n’en est qu’à ses débuts. Les rumeurs entourant le possible rapprochement des deux grandes banques suisses UBS et CS Group nous rappellent que la thématique des fusions et acquisitions dans le secteur bancaire est plus que jamais d’actualité.

La dernière fois était lors de la crise financière de 2008. A ce titre, la Banque centrale européenne (BCE) vient d’achever une consultation portant sur la consolidation des banques sur le Vieux Continent.

Si l’objectif premier est de minimiser l’impact des taux bas sur les bilans et la rentabilité des établissements financiers, faire face aux prochains défauts de paiements provoqués par la pandémie COVID-19, dans l’économie réelle, impose l’urgence aux rapprochements. Après les fusions annoncées des espagnoles CaixaBank et Bankia ; des italiennes Intesa Sanpaolo (1ère du pays) et UBI Banca (4ème); l’intérêt du Crédit Agricole sur la milanaise Banco BPM, on parle également de la française Société Générale qui est particulièrement sous- cotée en bourse. Elle se paie seulement 0,2 fois sa valeur d’actif net contre une moyenne de 0,5 pour le secteur. Ce qui est déjà très avantageux mais qui est justifié par les difficultés rencontrées depuis la dernière crise financière. Nous ne manquerons pas de souligner les pourparlers actuels entre les espagnoles BBVA et Banco Sabadell et les rumeurs outre-manche entourant Barclays et le géant britannique HSBC Holding. Celui-ci, empêtré dans des affaires de financement du crime organisé, a vu son cours boursier ramené au niveau de 1995 !

Ce qu’il faut savoir : le cours de l’action de l’entreprise rachetée s’apprécie généralement plus que celui du concurrent qui rachète. Mieux vaut s’intéresser aux « cibles / proies.»

(4) Quels sont les avantages concurrentiels clé recherchés dans une fusion bancaire ? Le renforcement des fonds propres permis par des économies d’échelles importantes telles que la réduction du réseau de distribution (agences) la diminution de l’effectif (principalement les doublons).

Les vents contrariants sont (4) : les taux d’intérêts négatifs ; les frais de régulation toujours plus onéreux (tels que Bâle III) ; les nouveaux moyens de paiement ; les crypto monnaies ; les fintechs et les néo- banques. Pour autant, nous ne privilégions pas cette thématique. Nous la suivons et l’implémenterons de cas en cas.

Notes :
1) Vue Macro : Sommes-nous prêts pour le confinement 2.= ?, Jean-Baptiste Pethe, Exane BNP Paribas, 31 octobre 2020 ;
2) Editorial, Immobilier de bureau : le passage à vide se prolonge, Yves Hulmann, allnews, 27.10.2020 ;
3) Apple, un marketing très risqué sur la 5G, Anouch Seydtaghia, Le Temps, 18 octobre 2020 ;
4) Le retour des fusions acquisitions bancaires, Zonebourse, le 9 octobre 2020.

Avec nos meilleurs et dévoués messages
Information : info@meylan-finance.ch
François Meylan

Positionnement Octobre 2020

Lettre d’information de Meylan Finance

« Nous sommes ancrés dans un mouvement de rupture »

Chers Clients, Chers Partenaires et Chers Lecteurs,

La discrimination des secteurs d’activités persiste

L’aéroport international de Genève ne fonctionne qu’à 20 % de ses capacités. En septembre, soit huit mois aprèsl’apparition de la COVID-19 sur le continent. Des pans entiers de l’économie

dite « réelle » survivent grâce aux perfusions étatiques. Israël vient de se reconfiner pour trois semaines. Le Premierministre Boris Johnson n’écarte pas un second confinement pour le Royaume-Uni. Le discours prudent des banquiers centraux face à la persistance de la crise sanitaire et à la nécessité de maintenir les stimuli monétaires pour une période indéterminée invite à la prudence. Dans ce contexte, sous réserve de nouveaux confinements, nous ne trouvons pas d’attrait à acquérir de l’or à 1950 dollars l’once…

Nous prenons peu à peu pieds dans une nouvelle normalité. Le métal jaune, par analogie au football, se révèle être un bon attaquant – situation d’hyper inflation – ou un bon défenseur – crise mondiale majeure. Dans une posture de milieu de terrain, il est ennuyeux, il ne rapporte rien et il coûte. Entrées en récession, nos économies développées semblent contenir la crise sanitaire.

Les analystes de la Banque Edmond de Rothschild, par le biais de leur publication « Flasch Marchés » du 11 septembre, annoncent un début de rotation des secteurs. C’est-à-dire, un nouvel intérêt pour des actions d’entreprises plus traditionnelles que celles du toutnumérique. Nous estimons qu’il est encore trop tôt pour se réjouir sur ce plan. Même si la superformance de la technologie semble justifiée cette année, la crise sanitaire ayant renforcé la transition digitale de l’économie, la thématique a aussi été portée par l’engouement d’un effet de mode – que nous ne voyons pas se reporter vers des industries plus classiques. L’élection présidentielle du 3 novembre, aux Etats-Unis, risque de marquer le retour à une autre réalité. Tôt ou tard, la fin de la récréation sonnera pour les spéculateurs du tout numérique. Nous le verrons plus loin, nous avons aussi affaire à un monde d’illusions. Le maître mot, en ces temps très compliqués, est la discipline. Vu ce qui précède, nous privilégions de solides positions en liquidités. Pour l’instant, nous ne renouvelons pas systématiquement les échéances. Nous ne prenons de nouvelles expositions sur les marchés actions que lors de séances boursières sensiblement baissières.

SPAC, Nikola et nouvelles débâcles financières à l’horizon…

Les SPAC sont des coquilles vides cotées en bourse. Elles ont levé une quarantaine de milliards de dollars en bourse, rien

qu’en 2020. En promettant d’acquérir une vraie entreprise avec une activité commerciale propre. Nikola, Virgin Galactic ou DraftKings ont profité de cet engouement irrationnel qui semble porter les valeurs technologiques jusqu’à la lune. C’est la dernière folie de Wall Street. Elle s’appuie sur les modes ; sur le recours massif à la planche à billets et sur l’aléa moral de croire que l’Etat sera toujours là, avec l’argent du contribuable, pour soutenir les marchés. Les «Special Purpose Acquisition Companies» sont des coquilles vides qui offrent un accès rapide à une cotation. Avec moins de contraintes qu’une introduction en bourse classique.

Le succès – plutôt, devrait-on dire la bulle – des SPAC illustre la volonté de quelques spéculateurs et autres affabulateurs de tirer profit de la fièvre pour les actions technologiques. On comprend alors l’appellation française de «Sociétés de chèques en blanc» pour les SPAC.

On imagine aisément le retour sur investissement de telles coquilles vides si le bluff ne produit pas les effets escomptés dans de brefs délais. En investissant dans l’une d’elles, le boursicoteur se fie à l’instigateur du SPAC et à ses projets. Par exemple, Richard Branson, l’entrepreneur à la tête du conglomérat Virgin, cherche à lever 400 millions de dollars à travers un SPAC pour financer de nouveaux projets dans le secteur des voyages, ou dans les services financiers, les médias, la musique ou les énergies renouvelables.

L’an dernier, il avait déjà eu recours à un SPAC pour introduire en bourse sa filiale qui n’a pas encore gagné un seul dollar Virgin Galactic, « secteur » du voyage galactique. L’affaire du moment, qui défraie la chronique, est Nikola le concepteur de pickups et de poids lourds censés rouler à l’hydrogène. La société Nikola qui fêtera son sixième anniversaire au mois de novembre est l’une des plus en vue à Wall Street. Cet été, elle est entrée en bourse pour rapidement peser une capitalisation boursière de plus de 30 milliards de dollars… sans avoir généré de bénéfice de son activité déclarée. C’est peu dire. L’entreprise n’a pas commercialisé un seul véhicule.

Pourtant, l’idée peut paraître sympathique. Nikola estime que la voiture du futur ne roulera pas grâce à une batterie électrique, à contrario de la vision du constructeur Tesla, mais qu’elle sera alimentée à l’hydrogène. Seulement voilà, la société présentait un prototype de son poids lourd hydroélectrique Nikola One, courant de l’année 2018, roulant au milieu d’un désert et tractant sa semi-remorque. « Il s’est avéré que le camion ne se déplaçait en réalité pas par ses propres moyens, mais qu’il dévalait la pente d’une colline sous le seul effet de la force de la gravité.» commente le rapport d’investigation de Hindenburg Research. Ce document richement illustré d’une centaine de pages que votre serviteur a parcouru décrit les promesses, les mensonges, les manipulations et le marketing qui ont permis l’illusion de l’existence d’une entreprise possédant sa propre technologie avant-gardiste et qui en définitive est vide comme les abysses.

La start-up a désormais deux enquêtes sur le dos, la première lancée par la SEC, le gendarme de la bourse. L’autre est conduite par le Département américain de la justice. De combien d’autres « Nikola » est composée la bourse électronique du Nasdaq qui bat record après record avec l’argent du contribuable destiné initialement à survivre à la crise de la COVID-19? La question est posée. En Europe, on estime que les mesures gouvernementales de soutien et de relance destinées à l’économie réelle et aux ménages génèrent de nouvelles dettes publiques à hauteur de 20% de nos PIB respectifs. Dettes que quelqu’un devra rembourser.

Retour de la thématique des fusions et acquisitions (M & A)*

*M&A = acronyme pour Mergers and Acquisitions

Les rumeurs entourant le possible rapprochement des deux grandes banques UBS et CS Group nous rappellent que la thématique des fusions et acquisitions retrouve un terrain fertile. L’accès aisé à l’endettement ; des capitalisations boursières dévaluées ; des besoins de synergies ; le besoin de générer des économies et les défis provoqués par les « mastodontes » chinois sont autant d’éléments propices à l’élan des fusions.

Même avec le rapprochement avorté entre LVMH et Tiffany, le mouvement semble bien lancé. En Espagne, la grande banque catalane CaixaBank est sur le point d’absorber la madrilène Bankia. Pour en faire l’un des plus grands établissements financiers du continent. Dans le domaine des services aux collectivités, Veolia persiste à acquérir son concurrent Suez.

Toujours en France, Alstom rachète le canadien Bombardier Transport. Cette acquisition donne naissance au deuxième constructeur mondial de trains. Certes loin derrière le premier du secteur qui est le chinois CRRC. Or, en moyenne, une entreprise rachetée s’apprécie de quelques 30 % en bourse. Détenir en portefeuille une à deux sociétés identifiées comme « fiancées » palpables n’est pas dénué d’intérêt. La constellation du luxe a également soif de grands mariages.

L’entreprise familiale allemande Hugo Boss qui fabrique un complet sur six vendus dans le monde – bien présente en Chine – et dont la capitalisation boursière s’est effondrée est une candidate idéale.

Perspectives et positionnement

Nous gardons un biais attentiste et préférons les liquidités tant que l’ajustement des marchés boursiers sur l’économie réelle n’aura pas été consolidé. Au cas par cas, nous saisirons les opportunités en privilégiant un horizon à long terme et l’observation d’une marge de sécurité à la baisse substantielle.

Boussole - Orientation des investissements

Le pic du chômage, en Suisse, est attendu pour le milieu de l’année prochaine (Source : Olivier Adler, chef économiste de Crédit Suisse, revue « Moniteur Suisse » pour le troisième trimestre.)

« Nous maintenons un positionnement neutre en actions et n’anticipons pas de correction majeure sur l’ensemble des marchés » Fernando Martins da Silva, directeur du Département de la Politique d’investissement de la BCV, « Coupd’œil », semaine du 14 septembre.

Pour notre part, nous n’excluons pas une prochaine correction sur les marchés boursiers et nous validons l’absence de visibilité jusqu’au début de l’année 2022. Nous nous tenons à l’écart des banques dont les bilans vont être affaiblis par les faillites d’entreprises à venir. A l’issue d’un durcissement des conditions des aides étatiques.

La tâche est de trouver des opportunités dans un monde où la demande est faible et les prix stables.

« Comme le cycle n’aidera pas vraiment, les meilleurs rendements iront à ceux qui sauront naviguer dans les tendances séculaires que la pandémie a pu accélérer. » Christopher Smart, analyste chez Barings.

Nous pensons à des entreprises saines dans des secteurs durement frappés par la COVID-19. A l’instar de la compagnie easyJet qui devrait sortir renforcée de la crise ou Booking qui en plus de sa position de leader, n’a pas de dette.

Les secteurs que nous privilégions sont les infrastructures stratégiques telles que la téléphonie ; des entreprises comme Vinci, Implenia, LafargeHolcim, Schindler ; le secteur du ferroviaire qui va être plébiscité au détriment du transport aérien pour les distances inférieures à 500 voire à 1000 km; les leaders de la consommation durable et non durable bénéficiant d’une position indiscutable tels que Emmi ou Geberit ; les secteurs liés à l’oncologie et à la lutte contre le diabète et l’hypertension ; la distribution et le traitement de l’eau; les producteurs de contenus cinématographiques tels que Walt Disney et Netflix.

François Meylan

Information : info@meylan-finance.ch

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